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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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The Big Apple

This is the beginning of your day
Life is more intricate than it seems
Always be yourself along the way
Living through the spirit of your dreams
 
 
Pendant ce temps, le Rap crachait à la figure des blancs, des textes violents sur une musique agressive ; pendant ce temps, le peuple Afro-américain de Philadelphie graphitait son désespoir sur les murs de sa cité…
 
1H et demi d’un train, confortable, mais cher, me voilà en plein cœur de Manhattan ; premier contact avec la « grosse pomme » de nuit.
Je débarque à madison Square Garden, à quelques pas de l’Empire State Building.
Des centaines de nuits durant, j’avais « rêvé New York », et tout était comme je l’avais imaginé :
des néons de toutes les couleurs, écrivant en lettres de lumières, le nom de grandes firmes de l’électronique. Je tourne, tourne et retourne sur place, je flashe absolument tout, un vrai japonais !
Tout s’annonce pour le mieux, je me lance à la recherche de mon hôtel ; merci le Guide du Routard, super pratique. Une fois installé, les affaires déposées, à moi New York by night…
En fait, l’hôtel est une auberge de jeunesse, au cœur de Manhattan, New York, Etats Unis d’Amérique, tenue par des Chinois. J’adore leur accent, ils appuient sur les « TH » avec beaucoup d’insistance.
Il y a bien une constante sur laquelle je me suis déjà lamenté à plusieurs reprises depuis le début de ce périple : le coucher est sans conteste la partie la plus onéreuse ; sauf à choisir des prix  « petits budgets », c’est le nom de la catégorie « pas cher » du Routard !
Bref, clés en main, je monte un puis deux étages, pour arriver dans la chambre. Rapide état des lieux : un carreau cassé, pas de salle de bain, il manque aussi une ou deux ampoules ; même le sol n’inspire pas confiance. Là n’est pas l’essentiel ! Je dépose mon barda et je pars en quête de nourriture et de beautés. Aux intersections de la 5ième avenue et des 42ième et 43ième rues, il y a bien une multitudes de Fast-food ; mais il y a aussi, ce soir là, de nombreuses bandes, déambulant dans le périmètre, parlant fort, bousculant parfois quelques piétons.
A intervalles réguliers, comme si leurs places étaient bien définies, des musiciens, seuls ou par petits groupes, jouent à même le trottoir. Quelques uns sur de vrais instruments, d’autres sur des boites de conserves, sans avoir à rougir, le rythme et les sons qu’ils tirent de ces boites, proches des transes, sont envoûtants.
J’entre dans la 43ième rue, et plus j’avance, plus mon ventre se serre ! La faim, bien sur, mais l’ambiance aussi.
J’ai rapidement la sensation d’avancer entre 2 rangées de « blacks » (ce n’est pas une remarque raciste, mais une constatation réelle sur l’instant). Je suis certain qu’ils me regardent, qu’ils savent, je ne sais pas pourquoi d’ailleurs, que je suis un touriste ! Sans doute le plan que j’ai dans les mains et ces yeux écarquillés sur absolument tout…
Décision « on apprend toujours de ses erreurs » : cacher le plan dans une manche.
Dans la rue, il y a aussi des voitures, bondées, qui se croisent, s’interpellent par les fenêtres, avec les piétons aussi, parfois amicalement, quelques fois de façon plus agressive, mais toujours fort pour couvrir la musique qu’ils écoutent, volume très haut.
Heureusement, même si mon sentiment à leur vue est partagé, des binômes de flics patrouillent régulièrement ; main sur leur matraque, prêts à bondir, je leur trouve des airs fermés, inquiétants même. Toute les 10mn, une sirène de voiture de police hurle.
New York, me fait l’effet d’une véritable fourmilière où rien ne s’arrête jamais ; un balais incessant de taxis jaunes, qui roulent vite et n’importe comment, qui klaxonnent si vous posez un pied sur la chaussée quand ils arrivent. Plus que toutes les autres villes que j’ai pu arpenter de nuit, New York est la plus angoissante, la plus oppressante ; pas un instant de tranquillité, de relâche, toujours à surveiller ses arrières et même ses devants !
Pourtant, Big Apple, est un paradoxe, pour moi ; le jour, c’est une ville extraordinaire :
Il faut entendre les cris des mouettes sur le parvis du départ en bateau pour Miss Liberty ; à tout jamais symbole de ce qu’a toujours été cette ville : une terre d’accueil.
Puis remontant l’île de Manhattan, il faut sentir ces odeurs de beignets, de pizzas, de saucisses grillées, il faut avoir goûté ce mauvais café, plus eau que café ; enfin, il faut avoir vu New York d’en haut ; 107ième étage d’une tour du WTC, c’est à couper le souffle ! On prend conscience du découpage chirurgical et mathématiques qui a fait les plans routiers des villes américaines. Pourtant, tout cela n’est rien, à côté d’un dimanche à Central Park. Le fameux Central Park ! Celui d’une bande de chevelus, louant un cheval avec 1 tonne de pièces, celui de Dustin courant, courant, encore et toujours.
Chaque dimanche, est une représentation permanente, la scène de tous les anonymes de la ville. Des musiciens improvisent des bœufs, un attroupement se crée, certains commencent à bouger, à danser, d’autres frappent dans leurs mains et certains restent spectateurs émerveillés.
Plus loin, un groupe de jeunes en survêt organise une exhibition de Freestyle, au son de Sound machines.
On croise aussi, une horde de roller skaters tournoyants sur des rythmes funk. C’est un peu comme une immense salle de spectacle, avec différents concerts qui cohabitent.
Il y a aussi des joggers, des cyclistes, partout où je tourne la tête, du bruit, du mouvement, de la vie !
A la fin de cette expérience, j’avais trouvé le portrait du New-yorkais typique :
Un afro-américain, aux yeux bridés qui parle espagnol.
Comme un dernier cadeau, Kennedy Airport, décollage de nuit, New York illuminée, féerique.
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