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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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Juste en-bas de chez moi

 

A l'ombre d'un saule, dans une petite anse de son lit

S'enroulant autour des roseaux, la rivière ralentit,

et entraine, dans une farandole lascive, les joncs.

L'eau est claire, de gros galets galets tapissent le fond,

un tourbillon ininterrompu emprisonne là, tout un monde;

insectes oisifs qui se laissent porter au fil de l'onde,

myriades de têtards qui fouettent l'eau de leurs queues,

un vent puissant, qui a traversé la mer, souffle le feu,

une vieille truite rode, souvent appâtée, jamais pêchée

Sur la berge humide, un jeune roseau a poussé, isolé,

à l'écart de ses semblables, envers et contre tout,

tel une incongruité, une erreur, un danger, une menace.

Tous, dans ce coin d'univers, regardent par en-dessous,

la jeune pousse qui plie, mais toujours, revient en place.

Maître des lieux, le vieux saule résiste, droit,

le tronc fier et orgueilleux, lui ne s'agenouille pas.

Les insectes, patineurs dilettantes indifférents

se jouent des souffles en voltigeurs inconscients.

La vieille truite et les têtards, sous l'eau, à l'abri,

laissent filer, en surface, les vagues ennemies.

Les jours s'écoulent, l'air étouffant règne.

Le jeune osier se désespère, ploie au soir tombant,

il voudrait adoucir, dans l'eau fraîche, sa peine.

Pourtant quand il approche ses feuilles du courant,

les insectes accourent, cherchant à grimper dessus,

puis, c'est la vieille truite, qui de sa bouche avide,

tente de les gober, chaque fois, le sort est têtu.

Loin des siens, sa quête est difficile, impossible;

il n'a pas choisi d'être ici, ainsi, seul et improbable.

Le vert de ses feuilles devient jaune, vire au brun.

Elles se craquèlent, à l'aide, à moi, quelqu'un,

hurlent-elles, tombant comme des gouttes de vie,

sa tige est marron, si verte et souple autrefois,

au dernier souffle de l'été, le roseau ne ploie pas.

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