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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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A vivre sans gloire...

Il avait une gueule d'ange, pas étonnant, il est Dieu! Pourtant ses manières et ses plans pour les autres étaient ceux de son frère déchu. Longtemps, je l'ai vu avancer dans un halo de lumière blanche; de celles que seule la paix intérieure vous apporte. Une de ces paix qu'on n'acquiert qu'au prix d'immenses et intolérables souffrances.

 

Je me souviens du petit âne gris...

 

Sa lumière est entrée dans ma maison; un temps, j'ai vécu avec Dieu. Sa chaleur qui aurait du être bienveillante, me mettait mal à l'aise. Et finalement, sans que je ne sache pourquoi, encore aujourd'hui, ce fut un temps troublé, je ne vivais que d'un oeil. Nous cohabitions, comme deux éléments, non pas qui se repoussent, mais qui ne sont déjà plus dans la même dimension.

 

Je me souviens du petit âne gris, qui se rendait utile...

 

Un jour, loin, il est parti, les loups hurlaient dans son sillage. Il leur avait pris quelque chose.

Je ne l'ai pas compris immédiatement, mais il s'avera qu'il déplaçait son église, pour toujours. Par delà la grande mer, il allait en son royaume, parmi les siens; il allait conquérir un univers nouveau, plein de promesses de grandeur. La meute a crié sans moi, et je ne l'ai plu revu.

 

Je suis le petit âne gris.

 

Les fautes, les erreurs du passé, reviennent, dans un va et vient incessant entre nos bouches. Les mots, tous les mots, remplacent les images.

Puis les brumes blanchâtres tombent, faisant place, de loin en loin, à quelques échos. Dans son sillage, à présent, roule un torrent boueux, qui charit du souffre. Les fumerolles s'élèvent, volent au-dessus de l'eau et s'enroulent sur ma mémoire.

 

Sa vie honorable, s'est terminée...

 

Dieu a rejeté ses souvenirs, sectionné les petits fils des toiles d'araignées qui passaient sur l'eau. A présent, sa chaleur est froide, sa lumière pale. Dieu a tourné le dos à son peuple, il est devenu un des marchands du temple.

Et à moi, il a laissé son calice et le soin de le boire jusqu'à la lie. Il a réduit en cendres  mes dernières attaches à la paroisse.

 

Abandonné des hommes, il est mort sans adieux.

Merci à H.A.

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