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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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Sauveterre bis...

Dimanche 28 octobre 2007, il est 8H30; enfin 9H30 depuis 6 mois et 8H30 depuis ce matin 3H. Bref, c'est le réveil, tout n'est pas forcement en ordre dans la boite noire : nous sommes le dimanche du passage à l'heure d'hiver.

Il aura fallu la perspective de les retrouver, encore une fois, pour qu'en fin je mette les pieds dehors un dimanche! Je ne sais même plus quand c'était...

C'est une journée fantastique, comme je les aime : le ciel est d'un bleu pur, le soleil brille, il fait 5°, frais, mais sec.

Les gens, les arbres, la nature toute entière semble s'étirer sous la douce chaleur naissante.

9H20, autoroute Toulouse/Albi, apparition du brouillard, même le Pink Flyod et The great gig in the sky, n'arrive pas à le déchirer. Puis ça devient moins important quand Gilmour gratte sur Breathe...

Soudain, le soleil pointe à nouveau son nez, et sans que je ne puisse m'expliquer pourquoi... les champs, fraîchement labourés, respirent, laissant échapper une brume blanche, jusqu'au ciel. Les rayons du soleil sont d'une lumière pale à travers ce rideau... je pense au Grand Meaulnes!

Les buses, perchées sur les piquets du grillage, sont comme des sentinelles au bord de la route.

Albi, brouillard de nouveau, même les rifs de Money n'y font rien.

Parfois, lorsque toutes ces conditions sont réunies, je m'appuie au repose tête et tout est OK.

Ohhhhhhhhhhhhhhhhhhh, nonnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnnn ! Je n'ai pas un écu sur moi.  Ce doit être un TOC.

10H20, Naucelle gare, puis Naucelle ( tout court ), je bifurque, direction Sauveterre de Rouergue. A la sortie de Naucelle, Mr Faisant et madame font du stop au bord de la route, clic, clac.

Encore 2Km et j'entre dans Sauveterre et tous mes espoirs se réalisent; à l'instant où je croise le panneau d'entrée de la ville, j'en vois un. Look à la Johnny Roten, il part mais c'est le signe que tout du moins, ils sont venus. Peut-être en reste t-il encore?

10H35, je suis arrivé et garé.

Je retrouve la place des Arcades, centre de la bastide, je retrouve les « tourneurs » de châtaignes grillées; ils utilisent des sortes de grandes lessiveuses et les bogues qui éclatent sous l'effet de la chaleur, pétaradent comme un 14 juillet. Ca embaume partout sur la place. Je les retrouve, eux aussi; mais je suis un peu déçu, ils sont moins « fous » qu'il y a un an. Moins nombreux à la terrasse du café, plus vifs. Sans doute l'heure d'hiver qui a offert une heure de sommeil en plus. Je fais le tour, quelques stands d'artisanat local : du bois sculpté, des tripoux, du miel et des biscuits. J'arpente les rues, au hasard, cherchant, sans véritablement chercher, un guichet automatique pour retirer de l'argent.

Finalement, mes pas m'emmènent en dehors de la ceinture de maisons de la bastide proprement dite. Il y a des voitures garées partout, sur l'herbe, sur les trottoirs; il y a un petit banc de bois ( face à une petite église, tout comme autrefois et puis ton coeur qui bat... ), je m'assoies, le soleil m'effleure, je me laisse glisser dans une douce torpeur. Deux couples d'une soixantaine sortant de leurs voitures à peine garées, me tirent de ma léthargie. Ils caquettent comme s'ils étaient seuls au monde; l'une des dames reproche à son mari de toujours l'obliger à agir dans son sens à lui; il rigole devant l'autre couple qui de toutes les manières acquiesce dans tous les cas de figure, pour ne blesser personne. La dame reprend ses reproches, et finit par assener ce qui semble être son coup fatal :  « C'est comme quand je te demande de me passer un gant avec savon dessus, y'en a jamais assez. » Et d'ajouter, prenant la seconde dame à témoin :  « Ça me fait penser, comme on peut se tromper des fois; on répond à son idée et c'était pas ce que voulait l'autre, hein, c'est pas vrai? »

Et voilà comment, assis non pas sur le rebord du monde, mais sur un simple banc de bois, au bord d'une route de village, je regarde l'humanité exister. De l'autre côté de la route, juste en face de moi, une voie crie : « A table! ». Je lève la tête, pour apercevoir, au milieu de 4 tentes Quechua, quelques uns de mes amis les fous. Ils commencent la journée, c'était une invitation au petit déjeuner. Les duvets sont étalés sur les tentes, les portes de tentes ouvertes et les corps raidis s'étirent. Sur le toit d'une voiture, plusieurs bouteilles de breuvages différents sont alignées. Je peux distinguer 2 bières, un PET de Coca, un autre d'Orangina et ce qui me semble être 2 paquets de Pringles.

Quelques mouches m'énervent, ne devraient-elles pas être anesthésiées par le froid de la saison?

Quelques autochtones regardent les tentes, plantées au beau milieu de leur village, les J7 et autres bus Volkswagen, transformés ( à temps perdu le dimanche ) en camping cars, les garçons aux cheveux longs, les filles avec des perles dans les leurs, d'un oeil mi-inquiet, mi-bienveillant.

La torpeur revient, et avec elle une certaine nostalgie... un été dans les Alpes de Haute Provence, une canadienne, un réchaud à gaz, une casserole en alu qui tombe et un repas foutu...

A nouveau le monde frappe à ma torpeur; sous la forme de 2 bonshommes, la petite trentaine, ils passent devant mon banc, suivi d'un chien sans laisse. L'un des 2 dit à l'autre :  « Té, y'a un joli petit banc par là, je crois que le pétard va se faire ici. » En effet, environ 5 m derrière moi, il y a un petit banc de pierre et tout en s'asseyant, il tire de sa poche un paquet d'Amsterdamer.

Cette fois, je suis complètement « réveillé » et je décide de partir; hasard de la programmation musicale : Simon & Garfunkle...

 

 

PS : J'ai failli oublier, et pourtant cela aurait été dommage ! J'ai vu un bus garé, duquel est descendue, une mini convention de retraités entrepreneurs du bâtiment, sans blague, c'était indiqué sur la pancarte que tenait le premier rang pendant la photo.

Et aussi, j'ai croisé, en venant, 3 voitures immatriculées 13 ! Je vais finir par penser que cet endroit et sa fête annuelle de la châtaigne sont célèbres.

Are you going to Scarborough fair

 

Parsley, sage, Rosemary and Thyme

 

Remember me to one who lives there

 

She once was a true love of mine  

 

Merci à celui qui tient les CD, j'adore et je conseille...

 

Allez, direction le viaduc du Viaur. Quelques piles en béton et un arc d'acier au dessus du Viaur pour une voie ferrée aujourd'hui. Et ce serait tout? Bon, OK, je vais faire mon « Que sais-je »...

Il est le seul pont de son type en France, ça calme, déjà!

Il est l'oeuvre de Paul Bodin, ingénieur Français qui a emporté le marché, sur entre autre concurrent Gustave Effiel.

A 116 m au-dessus du Viaur, traversant la vallée entre Albi et Rodez, il est, à son époque, de conception novatrice : 2 ossatures de longueur identique s'arc-boutent au centre, à la verticale de la vallée, l'une sur l'autre par le biais d'une rotule. Cette « articulation » permet des déplacements verticaux et latéraux qui sont une sécurité indéniable pour le passage des trains.

Voilà, j'en ai fini avec le rébarbatif, et avec cette journée aussi.

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