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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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C'était un grand jour !

C'était le voyage de retour d'une convention professionnelle; jusque-là tout, sauf peut-être le temps, c'était bien déroulé.

Jeudi 20 mars, 14H30, aéroport international de Tunis Carthage, toute notre équipe débarque des autocars. Il y a le balai incessant des porteurs de bagages avec leurs chariots à valises, il y a un monde incroyable et des files d'attente indisciplinées. Le brouhaha est indescriptible, il monte et semble se « lover » dans la coupole au centre du toit du bâtiment.

Le vol AF 2385 est prévu pour un départ à 15H25, et une arrivée à CDG à 18H; après l'enregistrement, la douane, remplir le petit document, nous sommes en salle d'embarquement.


C'était presque le temps de l'embarquement. Une première annonce, nous apprend un retard de 15mn. Fausse alerte, chacun retourne soit à sa chaise métalique, soit dans le grand hall, devant les salles d'embarquement, pour boire un coup ou fumer une dernière clope. Car, oui ! Dans ce pays, il est permis de fumer quasiment partout. Bon, un ¼ d'heure, c'est vite passé, nous retournons dans nos salles respectives et, instinctivement, nous remettons en file devant le comptoir. Blabla avec son voisin, mais rien ne se passe, l'hôtesse est au téléphone. Puis, elle raccroche, attrape son micro, elle va faire l'appel des premiers numéros de places...

« Nous sommes au regrets de vous annoncer un retard d'1 heure, pour raisons techniques...etc...etc ».

Bien nous voilà avec assez de temps pour vider le bar et fumer tout un paquet. Et concernant notre correspondance à CDG, elle est prévue pour un départ à 20H45, il n'y a pas encore de quoi s'inquiéter.


C'était enfin le temps d'embarquer. L'un dans l'autre, nous avons décollé vers 17H. Après 2H30 d'un vol, lui, sans histoire, nous atterrissons à CDG. Le flot des passagers débarqués, se dirige vers la douane et les tapis à bagages. Chacun suit celui qui le précède, sans contrôler où nos pas nous mènent. Le comptoir de la douane est en vue, quand soudain un employé de la PAF nous arrête. Un bagage suspect a été repéré et doit être détruit; personne ne passe par ici.

Un employé ADP, sorti d'un mur dirait-on, entraîne le troupeau vers une autre issue. Après un parcours dans un dédale de couloirs, un autre poste de douane est en vue. Et stupeur, un autre employé de la PAF sort de sa guérite et nous arrête d'un geste de la main. Il y a un bagage suspect que nous sommes sur le point de neutraliser, personne ne passe par ici.


C'était un temps d'attente, debout, coincé, avec une tension qui monte, des gens qui s'énervent et aucune autre solution que de patienter.

Enfin, 2 explosions retentissent, il faut encore attendre 5mn, puis la PAF nous « libère ».

Malheureusement, cet intermède avait eu raison de notre battement et de notre vol AF 7792.

Sur les 3 avions qui ont ramené notre équipe, les fortunes étaient diverses; les « parisiens », sans correspondance pouvaient rentrer, les « proches de Paris » qui récupéraient leur véhicule, pouvaient aussi partir. Restaient les « provinciaux », principalement les « sudistes », en TGV ou en avion, quelques uns durent se résoudre à dormir à la capitale.

Pour ma part, il ne me restait que l'espoir, aucune certitude en arrivant au guichet Air France. Il était écrit que nous devions rencontrer, ce soir là, derrière ce guichet, le seul rayon de soleil de notre voyage. Une employée d'une extrême amabilité (je regrette de ne pas avoir noté son nom), nous annonce qu'il y a un vol sur le point d'embarquer, qu'il est complet, mais que 22 personnes ne sont pas encore enregistrées. Vive le vol 7790. Elle nous met en liste d'attente, et nous programme même sur un vol le lendemain, au cas où... Je profite de l'édition de nos billets pour récupérer dans ma valise mes clefs de voiture.


C'était un coup de chance. Les personnes manquantes, ne sont pas venues, et nous avons pu embarquer. Me voilà, assis au troisième ou quatrième rang (hyper chouette pour le débarquement), attendant que nous décollions, pour me dire qu'enfin je vais réussir à rentrer. Puis nous avons décollé.

22H30, nous sommes à l'arrêt, la chef de cabine donne 3 noms de personnes qu'elle invite à contacter le personnel au sol, dés la descente de l'avion. C'est mon jour de chance, je suis dans la liste. Une idée me vient à l'esprit; je la chasse, mais au fond, ne me fait aucune illusion.

20mn plus tard, je suis assis au bureau Air France, service bagages. En fait, je donne la description de ma valise, je viens d'apprendre que dans un caprice d'adolescente, elle a refusé de me suivre jusqu'ici, Madame a décidé de rester à Paris.

Je me félicite encore et encore d'avoir récupéré mes clefs de voiture. Il est 23H, je peux rentrer chez moi avec une trousse de toilette, signée Air France.


C'était le jour de mon anniversaire, merci Air France, merci les aéroports de Tunis Carthage et Roissy, merci de m'avoir souhaité mon anniversaire.

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