Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
Samedi 1ier mars 2008, il fait gris sur le début de l'après-midi; il commence même à pleuvoir, lorsque je passe les portes du Gers:15H, L'Isle Jourdain.
Presque une heure plus tard, je suis arrivé.
900 âmes, quelques paraboles, une maison de jeux et UNE ROUTE. Ici, ce n'est pas que le monde n'est pas passé, mais qu'il ne s'est pas arrêté. LA ROUTE traverse le village, amenant les passants de l'entrée à la sortie; hors d'elle, on se retrouve rapidement « à la campagne », des fermes, des basses-cours, du matériel agricole. Quelques fois, sur la ROUTE, des tracteurs traversent le village sans choquer le moins du monde.
A gauche, une place sur la gauche de LA ROUTE, c'est un parking, je m'y engage, je me gare. La maison où je me rends, est là sur le bord de LA ROUTE, pas très loin.
Un rafraîchissement et il est temps d'honorer le but de ma visite. Nul besoin de voiture, il suffit de longer LA ROUTE sur une cinquantaine de mètres. A l'entrée, il faut présenter patte blanche, nouvelles directives et cerbères dans les lieux de perdition.
Nous sommes accueillis par la responsable culturelle, l'exposition est installée dans la dernière salle au fond de l'édifice. Il y a 2 tables, avec des chaises parfaitement rangées autour; des piles de jetons et une roue sont sous un coffre de plexiglas fermé par 2 cadenas. Tout autour, aux murs, les tableaux sont accrochés, exposés. Un cordon de sécurité entoure les tables, elles ne sont pas en activité ce soir. Sur un bar, quelques boissons et quelques biscuits nous attendent. Il y a ½ heure que nous sommes là, quand une demi douzaine de personnes arrive; il y a 2 correspondants locaux du canard régional, accompagnés de leurs conjoints, plus 2 autres personnes dont je ne sais rien. Je regarde les toiles, que je connais déjà pour la plupart, depuis trop longtemps. Je décide de sortir fumer. LA ROUTE est là, quelques pas sur ma droite, j'entre sur le parking de l'hôtel de ville.
Assis sur un muret au bord d'un canal, je regarde quelques unes des 900 âmes aller et venir.
Depuis tout petit, j'entends très souvent que les jeunes sont mal élevés, qu'ils ne respectent rien, ni les lois, ni leurs aînés. Ils sont responsables de la majorité des maux du XVIième arrondissement de la capitale. Les mêmes personnes qui disent cela, sont régulièrement « rassurés » par notre empereur; il promet, comme solution universelle, de restaurer l'ordre civique, la morale et le respect.
Ce samedi de février, assis sur mon muret, je regarde un Espace Renault flambant neuf qui entre sur le parking, à la recherche d'une place. Il y en a 2 ou 3 de disponibles; le conducteur choisit, celle bien large, qui offre le moins de mouvements à réaliser pour se garer. Les 2 portières s'ouvrent: madame, manteau col de poils de bête protégée, descend du véhicule et commence à marcher. Son allure, faussement empreinte de classe, respire plutôt la riche propriétaire terrienne, sans doute héritière d'un lointain châtelain local, parvenue à grimper quelques barreaux de sa vision de la réussite sociale. Port dédaigneux, elle trace son sillon, rien ne doit venir en travers. Monsieur, veste ¾ en peau sur un polo en cachemire, renâcle, crache. Son allure est moins sous contrôle, l'origine est là, au bord du personnage. D'un clic de télécommande, il actionne la fermeture centralisée de son véhicule et emboîte le pas de sa moitié.
Jusque là, personne ne voit l'intérêt de ma petite digression, ni le rapport avec mon propos précédant. Patience, je n'ai pas encore livré ma chute...
Au sol, sous la voiture, on distingue un dessin, symbole de handicap!
Je n'ai pas de transition pour la suite de mon récit, alors...
Je retourne à l'intérieur, afin de « soutenir », par ma présence l'artiste. 2 personnes en plus, toujours des invités de l'exposant. Faute de curieux de peinture, une très intéressante conversation s'engage avec l'organisatrice sur le fonctionnement compliqué et imperméable aux néophytes, des maisons de jeux. Ah, apprendre...
19H30, notre petite communauté convient qu'il n'y aura pas d'autres visiteurs ce soir. A nouveau sur LA ROUTE, nous remontons pour aller dîner. Repas Gascon à base de produits du jardin et faits maison.
2H du matin environ, encore une fois, la dernière, je suis sur LA ROUTE, en voiture pour le retour à la maison.
Merci aux hôtes, c'était une soirée très sympa.