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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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Dimanche à l'abbaye

Dimanche 3 décembre, 7H45, il y a du brouillard, mais le temps promet d’être clément.
Nous sommes le premier dimanche de décembre, encore 3 semaines et ce sera le moment de réunir les familles qui se détestent, de faire des cadeaux à des gens qu’on apprécie même pas, d’oublier la face sombre du monde !
Premier concert du jour, un ange prend possession de l’autoradio…
“ Spend all your time waiting, for that second chance …“, susurre la voix de miel de Sarah McLachlan.
Mon esprit s ‘échappe…
Elle n’a jamais été aussi belle que dans cette scène, bras en croix, le soleil qui inonde son visage, les yeux fermés, elle dévale les lacets de sa dernière route.
8H16, info météo, un superbe lever de soleil orange, commence à enflammer le ciel ; c’est trop beau, je refuse de baisser le pare-soleil ou de mettre mes lunettes. Puis, comme toutes les beautés, trop belles, cela devient dangereux… Je dois me résoudre à mettre mes lunettes !
Hello, Port Lauragais, café, carburant.
8H53, premier concert terminé, je vais changer de salle, lorsque je tombe sur les infos à la radio ; le PSG, encore, et ses hooligans ! Qui osera stopper ces 400 débiles qui ne veulent que casser du noir, du juif, des autres, des différents ? Un certain 1 août 1936, dans un certain stade Olympique, des tribunes sportives avaient déjà certaines mauvaises odeurs.
Je reprends mes concerts : Vertical Horizon.
9H30, je suis parti, « un peu léger », « sans biscuits dans le sac », je dois faire un arrêt à Lézignan ; heureusement, Tom Tom + Atlas = euréka.
10H, arrivée à destination, je pénètre sur le parking de l’Abbaye de Fontfroide. Affiliée à l’ordre de Cîteaux, elle sera l’un des bastion du catholicisme orthodoxe durant la croisade contre les Albigeois.
Voiture arrêtée, je trouve ce que je m’attendais à trouver : un lieu isolé, silencieux, propice au recueillement. Un calme qui inquiéterait certaines de mes connaissances…
Pourtant, plus loin, à l’entrée même des bâtiments, ma surprise est grande. Un sentiment étrange m’envahit, comme un air de dimanche dans un de ces nombreux lotissements que nous construisons tant et plus. Une scie circulaire ou une disqueuse, bref un appareil électrique, tourne à plein régime, dans la cour, une cinquantaine de badauds tournent, virent, semblent attendre quelque chose. Des cris d’enfants qui courent sur le gravier ; il y a aussi un arbre de noël décoré et quelques marchands du temple. Surprenant !
Je m’approche d’un panneau, il y est indiqué que les bâtiments sont classés aux monuments historiques, et qu’en plus le site naturel autour est sensible, alors il faut être prudent et respectueux. Bien.
Il est aussi, écrit, que les visites de l’enceinte sont obligatoirement guidées et à horaires fixes. Pour le « libre », il reste les sentiers, tracés dans les collines alentour. L’idée de suivre une horde de sauvages endimanchés, ne me plaisant guère, je choisis l’option « libre ». Le sentier s’élevant un peu, je finis par avoir une jolie vue d’ensemble de l’abbaye. Clic, clac.
Me voilà, à présent, sur la toute première table de pique nique au tout début du parking (côté sortie), vous racontant ma vie.
D’autres hordes continuent d’arriver, les voitures s’enfoncent dans le parking, avant de revenir, trouver une place. On ne change pas une équipe qui gagne, il faut se garer sur le paillasson, si possible ! Humanité j’ai de la tendresse pour toi.
Des familles descendent de ces véhicules, avec enfants, poussettes, VTT, chiens, parfois tout en même temps. Quelques ado, trainés là de force, expriment de leurs visages radieux, leur joie.
Le ballet continue à un rythme soutenu ; une horde vient de se garer prés, très prés de moi. Au prochain métro, je suis coincé, c’est sur ! Sur ces derniers visages, je peux deviner leur interrogation :  « Qu’est-ce qu’il fout celui-là, à écrire, quoi en plus? ».
Sur le chemin du retour, je continue mes concerts : j’ai vu « Véro »à l’Olympia 1985, assisté à une étape de la tournée « Alchemy » de Dire Straits et une du « We can’t dance tour » de Genesis, pour finir un samedi soir à San Francisco avec Al, John et Paco.
Merci à tous, sans vous, mes routes seraient moins belles.
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