Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
Au commencement, tu jouais
Tu aimais l'image dans le miroir
Tes fesses sur les lames de châtaigniers
Les heures pendue à la barre.
La joie est devenue douleur
Les jetés, les pas-chassés et les portés
Les demi-pointes et les ampoules aux pieds
Souvent tu as pleuré sur ton cache-coeur.
Ballerine, ballerine
Tu glisses, tu voles
Tu danses avec des étoffes
Ballerine, ballerine
Tu glisses, tu voles
Dans tes rêves de Kirov.
Aujourd'hui, au milieu des petits rats
Au son d'un piano tu frappes la cadence
Scrutant derrière l'effort, l'élégance
pour entretenir l'histoire de l'opéra.
Mais chaque nuit, la tête sur tes oreillers
Tu ajustes ton chignon dans un filet
Dans la colophane tu passes tes pointes de satin
Pour un moment de grâce pure jusqu'au petit matin.
Ballerine, ballerine
Tu glisses, tu voles
Tu danses avec des étoffes
Ballerine, ballerine
Tu glisses, tu voles
Dans tes rêves de Kirov.