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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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Potier, venu de loin

 

Dimanche 12/07/09, 8H40 quand je démarre; je vais pas vous la refaire...Cela faisait longtemps que...

Le ciel est magnifique, d'un bleu puissant et il fait déjà 20°, quand je pars en direction du Quercy blanc.

Plus exactement Lauzerte, une très jolie bastide médiévale où se tient un marché de potiers.

Il est 9H55 quand je m'assoie à la terrasse, sous une arcade, du Café du Commerce, place des Cornières. La devanture, en bois, est de couleur bleue turquoise. Assis à une petite table de bistrot, sur une chaise en rotin, l'église face à moi, j'attends ma commande. La jeune femme qui m'apporte mon café est charmante et son accent chante le sud-ouest. Sur la place devant, 4 ou 5 allées de stands, qui exposent des poteries. Il y a beaucoup de couleurs et de motifs différents; objets de décoration, ustensiles de cuisine. Tous les stands ne sont pas encore ouverts, des exposants montent des parasols, d'autres vendent leurs oeuvres ou discutent de leur art.

La place des Cornières est une sorte de cour carrée, typique des bastides médiévales, la halle en moins pourtant. Tout autour, collées les unes aux autres, des bâtisses à colombages de 2 étages surplombant un pas de porte sous des arcades. Il y a aussi l'église qui donne sur la place et chose plus « drôle » si j'ose m'exprimer ainsi, une maison a été intégrée à cet ensemble d'un autre temps, un édifice, une administration, bien de notre temps, celle du Trésor Public!

Sur ma gauche, l'atelier des enfants s'anime; une dame initie quelques têtes blondes au malaxage de l'argile et à la conception d'objets. Une petite fille, plutôt capricieuse, ce matin, dit ne pas savoir quoi faire, et refuse que sa mère s'éloigne, même un peu. Heureusement la grand-mère arrive, la prend sur ces genoux et les caprices cessent. Maman peut aller voir le marché...

A présent, il y a quelques touristes qui arpentent le marché; un seul objet a vraiment retenu mon attention : un mobile, faits d'oiseaux pendus à des fils de pêche, sorte de harpe éolienne. Quand le vent caresse les oiseaux, il se produit un son si fragile, à la limite de la rupture, tellement doux à l'oreille.

Mais, je renonce à l'objet! J'ai évoqué mon désir à ce sujet, voilà quelques temps, et je crains de provoquer une grande frustration si je prive certains, d'une idée de cadeau...(private joke)

Plus sur ma droite, une tablée de touristes, discute avec le patron des lieux; ils sont 5, un couple et 3 enfants, tous halés. Je ne suis pas fier de mes pensées, pourtant, à leur tenue vestimentaire et leurs premiers mots, une image s'est plantée devant mes yeux et n'en part plus : les Bobos, d'une chanson de Renaud.

Répondant au patron, qui leur demande d'où ils viennent, j'entends la femme dire :

« Nous venons de Miami, à la base nous sommes de Nice, mais j'ai aussi travaillé à Londres! »

Ils parlent parfaitement français, 4 d'entre eux portent du rose (très en vogue au House Club) une chemise Lacoste pour lui, des tee-shirts Zadig&Voltaire pour les enfants, leurs lunettes de soleil, aux 2 C dos à dos, sont remontées sur le sommet de leurs cranes (c'est quand même plus poli pour s'adresser à quelqu'un), et le père s'extasie de son expresso :

« C'est dingue, il est simplement pressé, et c'est tout? »

«  Oui répond le patron. »

A ce stade, je crois volontiers qu'ils arrivent des USA! Ils se mettent en route, je suppose afin d'admirer un si pittoresque village français.

Même sans raison impérieuse, même sans raison du tout, je recommande vivement d'aller, un dimanche, prendre un petit-déjeuner dans cet établissement et de regarder, d'écouter, de fermer les yeux, laissant le souffle du vent, sous les arcades, passer sur votre visage.

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