Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
29/02/2004
Pour toi la chaleur accablante
Et les pluies dilluviennes qui innondent.
A nous la météo scientifique par satellites,
Et nos vacances qui attendent.
A toi la faim, la misère
Et la démographie galopante.
Pour nous les paysans qui jettent leurs pommes de terre
Et le contrôle de nos naissances par capote.
Qui a décidé du partage ?
Au nom de quoi le blanc et le noir ?
Dans le livre je n’ai pas trouvé les pages
Où naît l’Afrique et son peuple noir.
A toi la peur des brigades de la mort
Et la prostitution infantine
A nous les flics qui cognent fort
Et le harcellement sexuel dans les cantines
Pour toi les veuves et les orphelins
Qui pleurent leurs diparus en silence.
A nous les avocats locaces
Qui se disputent la garde des gamins
Qui aide le triomphe des vilains
Pas le peuple Sud-Américains
Dans ce constant sans détour
Même la mémoire d’Allende n’apporte pas de secour
Pour toi la vérité des écritures saintes
Et les femmes chatiées au moindre penchant.
A nous la religion en paillettes
Et les prêtres qui aiment trop les enfants.
A toi la haine du grand Satan
Et de tous ses alliés impis.
Pour nous la peur du beur méchant
Qui enflamme nos cités et nos vies.
Qui érrige ces barbus d’un autre siècle
Sur un piedestal ensanglanté ?
Ni Allha ni ses oracles
Ne m’ont enseigné la pitié.