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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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Tel Jean Valjean... (29/06/2008).

...Soulevant une charrette, à la force de l'épaule, pour sauver Fauchelevent.

Dimanche 30 juin 2008; 25 jours se sont écoulés depuis la dernière virée !

Il est 8H15, le ciel est d'un bleu magnifique et le thermomètre affiche déjà 18°.

C'est une belle journée, encore dans les joies de la victoire du Stade, hier sur les Jaunards, j'opte pour un CD; BJH à Berlin.

L'autoroute, puis le périphérique et comme à chaque fois, je vois tout un tas de véhicules me dépasser, puis soudain, après des clignotements rouges, me voilà, doublant, ceux-là même qui me dépassaient quelques centaines de mètres avant. Un radar fixe est l'explication de ce phénomène; entre deux de ces radars, certains accélèrent, puis ralentissent. A cet instant, quand je les rattrape, preuve en est faite qu'une allure régulière est aussi rapide que des à coups...

8H50, changement d'animateur musical; c'est au tour de Satriani de m'emmener à Frisco.

9H08, Albi, je continue en direction de Lescure, puis Carmaux. C'est la troisième fois que je vais à Sauveterre de Rouergue, pourtant aujourd'hui, je prends une nouvelle route, hors de la nationale. Un chemin plus tortueux, à travers des petits hameaux en bordures de petites départementales. Toujours dans le Tarn, au creux d'une vallée, je stoppe à un point de vue; il donne sur le barrage de Thuriés, construit sur le Viaur. Clic, clac.

Je reprends ma route; ah, j'ai oublié de mentionner, que, comme d'habitude, je suis quasiment en panne sèche d'essence et d'argent liquide... C'est une manie!

Me voilà à Naucelle, à la recherche d'une station 24H/24H. Un panneau annonce un Ecomarché, première ou deuxième à gauche ou à droite, je lis en travers et en diagonale, et bien entendu, je ne trouve pas. Je suis à la sortie de la ville, je dois faire demi-tour! J'aperçois une petite route sur ma droite, je m'engage; l'accès à une ferme, je décide d'amorcer mon demi-tour. J'engage la voiture, puis contre braquage total et marche arrière. Soudain, la voiture semble m'échapper, un léger choc à l'arrière, j'accélère, mais rien ne se passe, plus j'appuie sur la pédale, moins la voiture bouge. Frein à main, arrêt du moteur; j'ouvre la portière, je descends... Le constat est édifiant ! Une des roues arrière est dans le vide au dessus d'un fossé quant à sa camarade avant en diagonale, elle, est dans le vide.

Je regarde partout autour de moi, à la recherche d'une solution, une première association frappe mon esprit : campagne, ferme, agriculteur, tracteur, tirer voiture, demander de l'aide. Un chien s'approche de moi, inoffensif, très gentil, j'ai l'impression qu'il est venu me dire :  « pas de bol, mon pote, t'as l'air malin ! ».

Alors, vexé, je retrouve un peu de raison, en même temps que mon calme. Je peux commencer à réfléchir.

Ni une, ni deux, la première idée est celle de la force brute.

... la voiture à bras, ne semblait pas plus qu'une plume ...

J'ouvre la portière en grand, baisse la vitre et je desserre le frein à main; puis je pousse de toutes mes forces, la voiture avance de quelques centimètres, mais à l'arrêt de ma poussée, elle veut reculer; alors, je force pour rester en opposition et l'empêcher de reculer. Ainsi, je gagne centimètre par centimètre pour finalement réussir à sortir la voiture de sa délicate position.

Je me sentais un peu « con », mais j'étais aussi très fier d'avoir réussi seul.

Une joie n'arrivant jamais seule, je trouve la station essence, et je peux finir le chemin qui me reste pour arriver à Sauveterre.

Un bruit métallique et répétitif et une épaisse fumée blanche venant d'un prés en contre-bas, m'attirent à ma descente de voiture. Quelques gentilshommes, casquées, habillés de côtes, se livrent un combat qui enchantent quelques badauds. Le fameux bruit métallique, atteste du matériau qui constitue les armes, et les figures de combat qu'ils mettent en scène, sont parfaitement chorégraphiées. Sur les bords du champ, une série de tentes multicolores; celle pour le repos des combattants, celle des cuisiniers qui font cuire des omelettes cannelle et oignons, tartes pommes et coquelicots; il y a aussi la tente du maître d'armes, remplie d'épées, de poignards, de hallebardes, de massues et autres écus. Enfin, il y a la tente du forgeron, la fumée, c'est lui; soufflet à l'ancienne, enclume et marteau, l'homme frappe le fer rougi, et lui donne les formes commandées par les bretteurs.

En dehors du champ, partout dans les rues de la cité médiévale, il y a des étals. De l'artisanat de cuir, de la coutellerie, des vêtements moyenâgeux et ceux aussi, parasites de tout marché dit artisanal, qui vendent des tapis en peau de chèvre, comme ceux que l'on peut trouver, moins cher, au Perthus; ou encore des lotions 100% naturelles aux herbes issues d'une agriculture biologique non officielle, du savon naturel aux couleurs spectaculaires.

Ainsi j'avais passé quelques heures en compagnie de doux rêveurs.

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