Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
Dimanche 31/05/2008, environ 10H30; je suis attablé au Pablo, place Pablo Picasso à Céret.
Le temps est gris, il ne pleut pas, pourtant je reçois des gouttes sur la tête! Sans doute lâchées par les feuillages des immenses platanes où elles étaient emprisonnées.
C'est le week-end de la fête de la cerise, et calé dans ma chaise en allu, un café devant moi, j'attends les Bandas.
Sur la rue qui passe devant le café, un défilé incessant; 2 sens, 2 files indiennes d'une foule bigarrée. Les autochtones, les plus nombreux, tous semblent se connaître; ils se font de grands signes de la main, s'enquièrent de la santé des parents, de la prochaine venue des enfants ou encore de l'état des jardins après ces pluies diluviennes! Beaucoup de djeuns, main dans la main, qui se contorsionnent pour un bisou, un véritable parcours du courage pour les jeunes mamans avec leurs poussettes. Quelques notables locaux, je les reconnais, ils sont en costumes, cravates et sourient à pleine dents.
A une table à côté, un couple de « fous » s'installe. Total look baba! Lui lunettes « John Lennon », visage impassible, étranger, indifférent à l'animation autour de lui, je me demande ce qu'il fait ici? Elle, dix mille bagues à chaque main, prend quelques photos des Bandas qui commencent à défiler.
Soudain, je prends conscience d'un tout autre défilé; devant mes yeux, l'image du petit homme, âgé, des sketches de Benny Hill, passe et repasse. Je rassemble quelques cellules grises, les fixe sur l'image. Surprise, ce n'est pas qu'une image; il est bien là, slalomant au milieu des tables de la terrasse. Il semble être serveur dans le café, plutôt maladroit, quelques accrocs avec des pieds de chaises, quelques verres au sol, ma petite cuillère par terre mais une évidente volonté de servir, et le plus rapidement possible. Merci Monsieur.
J'avais déjà, et à plusieurs reprises, entendu parler de Bandas; cela était un peu flou pour moi, quelque chose entre fanfare amateur et alcool. Mais c'est encore plus!
C'est un défilé inclassable, avec pour dénominateur commun, la musique et la folie. J'ai vu des jeunes, des très jeunes, des anciens, des femmes, des hommes, des rouges, des déguisés, des perruqués. Côté musique, bof c'est pas le plus important de ce genre de rassemblement...J'ai reconnu L'amant de Saint-Jean.
Puis il y a eu ceux que j'appellerai « Les Picaros », ceux de Tintin! Ils portaient tous des perruques aux couleurs flashies, des salopettes de la même veine, un look « Achile Zavatta ». Ils étaient plein d'une énergie communicative et j'ai aimé leur version de « Emmenez-moi », dans laquelle ils chantaient par intermittence.
Le défilé était terminé, je me suis levé pour rentrer, quand je l'ai vu; lutôt, je devrai dire entendu. Une jeune fille, qui essayait de crier par-dessus les cuivres des Bandas pour vendre ses journaux. L'Indépendant, un supplément sur les sorties régionales et un tee-shirt cadeau de l'évènement du jour, pour 4 euros. Les nouvelles me piquent les yeux trop souvent, je choisis une part de cake à ... la cerise !