Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
Il y a la famine, les guerres, la sécheresse qui déciment des populations entières.
Il y a la crise, destructrice, qui met sur la paille des familles entières.
Il y a les religions, la violence, l'érosion qui détruisent d'autres familles entières.
Il y a la solitude, les TOC, l'égoïsme qui démolissent entièrement des êtres.
Il y a aussi tous les drames personnels, qui sont les plus graves du monde :
La maladie des êtres chers, leur disparition parfois.
Et pourtant, je me plains!
Oui, je sais, tous ces malheurs dépassent de beaucoup ma « petite plainte d'occidental bien nourri ».
Oui, je sais...
Mais pourtant, je me plains!
Eh quoi! Si j'arrête de me lamenter sur mon propre sort, tous les maux de l'humanité cesseront sur le champ? Si seulement...
Je pleure sur le monde, sur l'humanité, et je ne suis ni un ange, ni la personne qui agit le plus ou le plus efficacement contre ce qui me fait pleurer.
Je suis un être avec ses contradictions dans un monde rempli de contradictions.
Mais il reste le bien et le mal, profondément, fondamentalement, celui avec lequel, malgré mes contradictions, je ne transige pas. Je suis convaincu que certains actes et certaines paroles sont, gratuitement, malfaisants et injustes et si je ne dois garder qu'une seule et unique foie, ce sera celle de la justice pour l'humain.
Il y a 50 ans, le 4 janvier était déjà une journée funeste, et en ce jour anniversaire de ta disparition, nos heures sont, hélas, toujours funestes.
Nous n'avons pas plus appris de toi, de ton œuvre que de tant d'autres, quand il est question d'amitié, de concorde, de justice, d'humanisme, nous répondons invariablement, sous une forme ou une autre: profit.
Il se prénommait Albert et disait (entre autre):
« Au bout du compte, s'il faut choisir entre la justice et ma mère, je choisis ma mère. »