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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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Ardéchois

 

Si je ne dois en retenir qu'une, ce serait certainement « Je ne chante pas pour passer le temps »; non pas que chanter pour donner de la joie, ou même pour faire danser ne soit louable, mais chacun choisit sa route, avec ses motivations.

Voilà un bien long moment que je n'ai écrit, quoi que ce soit, et quand je dis « écrit », c'est sans prétention, simplement des pensées, des sentiments, couchés sur papier, pas des mots bout à bout pour un Nobel.

Je ne sais toujours pas, non plus, pourquoi cela est si difficile parfois, pourquoi, devant une feuille, nous pouvons rester muet; pendant des jours, des mois, à jamais même, ou bien pourquoi, sans plus de raisons évidentes, nous ressentons une envie irrépressible d'écrire!

Je n'ai pas pu, pas su sans doute, dire tout ce que tu étais, pour moi, tout ce que tu m'as donné d'exemple, de force, de raison de ne pas me perdre. A toujours, merci. Comment, tout a commencé? Once upon a time...

Un de mes oncles, le plus jeune de tous, était le petit dernier de sa fratrie, bien plus jeune que ses frères, il vécut en fils unique, entre des parents trop âgés et une grand-mère qui le gâtèrent, au sens fruitier du terme. Enfant, à chacune des vacances que je passai chez mes grands-parents, il était comme un grand frère, que je voulais imiter. Il m'a montré la ligne d'un horizon, absent de mon univers familial habituel, un autre horizon, plus rouge.

J'ai ainsi connu et écouté François Bérenger, Boris Vian, Serge Reggiani et Jean Ferrat. Trop jeune, au début, tout n'avait pas de véritable sens pour moi, mais mon esprit avait ouvert une fenêtre et n'allait plus la refermer. Ainsi aujourd'hui, ma discothèque fait le grand écart entre Nirvana et Jean Ferrat, en passant par Dvorjack ou Vivaldi.

Donc, quand il a quitté le girons familial, j'ai continué à passer des vacances avec mes grands-parents, et à dépenser tout mon argent de poche pour acheter des « K7 » (pardon les jeunes, c'était avant les CD et autres mP3) de Jean Ferrat et Renaud. Adolescent, solitaire, en vacance loin de mes points de repères, j'avais du temps, beaucoup de temps; alors j'ai écouté, écouté et re-écouté mes K7, j'ai disséqué les paroles des chansons, jusqu'à les imprégner dans mon esprit. Elles m'ont poussé à la réflexion, puis vers d'autres questions; j'ai cherché de l'aide, mêmes des réponses, dans la lecture.

Malheureusement, ou heureusement, j'ai retiré de cette quête, beaucoup de « pourquoi », encore plus de questions qu'avant, et pas vraiment la sérénité pour ma vie future. Malgré cela, et sans être dupe, ni faire d'angélisme, je préfère toujours entendre un riche chanteur qui dénonce à un autre riche chanteur qui ne dénonce pas. Être pauvre, chômeur et habiter en banlieue ne fait pas d'un individu, un saint, honnête et blanc comme neige. Il se trouve des voyous de toute origine, couleur ou religion.

Pourtant, je suis heureux de me demander tout le temps, de me poser quelques questions avant; parce que condamner à cause d'ignorance, de manque d'information, d'une peur irraisonnée me rendrait suspect à mes propres yeux.

Parce que je crois qu'offrir de l'éducation et un minimum de culture, sera toujours plus efficace qu'une pluie de bombes. Encore faut-il vouloir le « bien » d'un pays, d'un peuple, sans rien attendre en retour, juste tendre une main.

Alors, je te remercie, et je suis certain qu'à présent, tu regardes Oural courir dans l'aube chère à Verlaine.

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