Il est parfois si simple de se retourner...
Une main tapote sur mon épaule, je me retourne.
4H38, un énorme besoin naturel à soulager et le chien qui tourne plus que d'habitude, me tirent du sommeil. Enfin, d'habitude, il n'est pas enfermé la nuit.
Je me lève, j'enfile une veste et le plus silencieusement possible, je me dirige vers le jardin.
De retour dans la chambre, je constate que finalement, mon meilleur ami de l'homme, décide de ne pas revenir. L'attrait de la fraîcheur de la véranda, certainement; il s'affale sur une serviette, qui lui appartient, et me laisse.
5H, à tout casser, je ne suis pas dans mon univers, je me sens coincé; je ne veux pas me recoucher, c'est épuisant à la longue, toutes ces nuits à combattre, à chasser des fantômes. Et puis, finalement, ils sont trop forts, ils gagneront quoi que je fasse.
Je suis assis en tailleur, au milieu du lit, 2 oreillettes me diffusent de la musique. « De tous mes alliés, elle est le plus puissant! », bien dit Maître Yoda.
Très souvent guerrière, elle est tour à tour, chevauchée galopante qui fonce sur mes fantômes pour les repousser, bouclier atténuant leurs coups que je n'aurais pas vu arriver.
Parfois bâton, quand mes pas chancellent, mon 12 quand j'ai le blues, elle est aussi les mots et les sons de ma gorge nouée, ceux que je n'ose pas.
Elle sait mon chemin, elle est ma lumière, celle qui éclaire le tréfonds de mon âme. Elle me trouve quand je suis perdu, me ramène parmi les vivants.
5H45, je retrouve un peu de paix, peu à peu je reprends conscience. Une fois encore, je les ai repoussé, mais ce n'est jamais si simple de se retourner.
Je sens une tape sur mon épaule, je me retourne, c'est elle!
Merci.