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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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La porte

Samedi, 21 avril 2007 ! Oui je l’ai mis dans la rubrique « dimanches », mais bon, demain faut aller voter.
Aujourd’hui, nouvelle expérience ; c’est une journée « clopes », mais je change mon lieu pour me fournir. Au détour d’une discussion, un ami m’a parlé du Val d’Aran, tout prés, selon lui ; alors je délaisse, pour un essai, le côté du Perthus.
Pour le temps, je peux pas vraiment dire, je me suis « volontairement » détourné du chemin, j’ai musardé, bref, pas de repère possible. En revanche, j’ai préféré les paysages et les routes, allez savoir…
 
Je pars, sans me presser, le temps est splendide, ce qui n’est pas le cas de mon humeur ; juste avant mon départ, une nouvelle m’a rendu maussade.
De l’autoroute jusqu’à St Gaudens, puis direction St Béat et Viva España. Comble de mauvaise chance ou signe insistant des puissances supérieures, l’ambiance musicale est faite de ballades Celtes, pas les plus entraînantes !
A partir de St Béat, je traverse quelques villages, faits de maisons aux toits en ardoises, j’entre en Val d’Aran. Ma nouvelle du matin, les souvenirs projetés par les ardoises et la musique Celte, ensorcelante, m’emportent.
Les aires, sur le bord de la route, résonnent des cris d’enfants qui jouent, prés de leurs parents qui pique-niquent.
Je suis triste, au volant, absent, derrière mes lunettes (merci à vous), mon regard doit être vide. J’ai la sensation de voler par delà la route, les maisons, les bois et la montagne et même au-dessus de mon propre corps.
Quand est-ce que tu as refermé la porte ?
Je me souviens de toi, filant à quatre pattes, et soufflant comme une locomotive, puis stoppant net pour éclater d’un immense rire.
Je me vois encore, usant et usant des mètres de bande vidéo pour immortaliser la moindre de tes « premières fois » ; j’avais même un projecteur, pour les instants mal éclairés !
Je te revois, toi et Mélaine, sur vos vélos, dans la boue jusqu’aux pédaliers, pliés de rire ; te souviens-tu, on y a même perdu une chaussure, un jour, dans la boue ! Une fois rentrés à la maison, on se lavait avec le jet d’eau, en même temps que les vélos.
Ce ne sont pas mes seuls souvenirs de toi, mais ce sont ceux qui me viennent en voyant des toits d’ardoises.
Bien entendu, il y a certainement d’autres souvenirs, moins « jolis » ; je te laisse quelques lignes blanches, ça s’appelle le droit de réponse.
 
 
 
 
 
 
Quand est-ce que tu as refermé la porte ?
Je viens de me rappeler, au sujet de ces souvenirs… Dans ma mémoire, ce sont les derniers que je t’ai connu avec une joie et des rires « simples d’enfant », quelque chose proche du bonheur, j’oserai même.
Depuis, je n’ai plus que souffrances, plaintes, reproches, marqués sur ton visage. Tu as changé, je te trouve malheureux, sombre, insatisfait, fuyant pour ne pas s’arrêter et se voir. J’ai peur pour ta vie. Tu ne le crois pas, je sais ; pourtant, saches que c’est inscrit dans le patrimoine génétique de tous les mammifères, de s’inquiéter pour sa chair.
Souvent, sous plusieurs formes, je t’ai posé la même question : ne me dis pas à qui tu ressembles, dis-moi qui tu es.
Quand est-ce que tu as refermé la porte ?
Pourquoi tu as pu le faire ?
Sans doute parce que, lassé, j’ai retiré mon pied de l’embrasure !
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