Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

Publicité

I'll come to talk with you again

Ils sont rentrés depuis longtemps déjà, ils ont fermé leurs portes, l’heure n’est plus aux bravades !
Les ombres furtives, errantes, s’éparpillent dans les rues, à la lueur des réverbères et de la lune. Les fleurs se recroquevillent jusqu’au pale matin.
Quelques escargots glissent profitant de la rosée, un hérisson fouille l’herbe et s’immobilise si je m’approche trop prés. Les cigales frottent leurs ailes, dans le lointain une voiture s’éloigne ; comme un écho, à l’opposé, un train file, poussant l’air devant lui. Les voitures, garées, se couvrent d’humidité.
Deux globes lumineux, sur un toit, m’observent ! C’est le chat des voisins. Les oiseaux ont disparu, j’arpente la terrasse à pas feutrés, il ne faut pas déranger les chiens du quartier ; sinon c’est une traînée qui va démarrer, se propager et tirer du lit les bipèdes furieux.
Dés les premières obscurités, tout un univers se révèle à moi ; je sais que tu viendras m’envelopper.
Alors, il n’est plus question de faire croire, de jouer à être, je pose ma partition, j’oublie mon texte, mon jeu de scène ; sans artifices, je suis ! Tu m’attires, tu vas m’angoisser, je t’attends en reculant ! Avec ton cortège de silences, tu m’assourdis de mille sons inconnus et effrayants.
Je tente une fois encore, de te remplir, de mes bruits, familiers : un tapotis de clavier, une playList, la machine expresso, une cigarette dehors et le syndrome du Word blanc…
Je ne suis pas vraiment de ton peuple, pas de ceux qui t’habillent de néons et de décibels dans des « hauts lieux » qui te sont dédiés. J’ai appris à apprivoiser ta présence pourtant. Quand m’es-tu devenue si proche, presque amicale, quasiment indispensable ?
Dés nos premiers flirts, je n’ai pas senti ton désir s’insinuer peu à peu en moi ; j’ai eu beau ne pas me livrer totalement, tu m’as piégé, aujourd’hui je dépense du temps à tes côtés, lové dans ton confortable calme, il m’arrive même de me sentir fort et grand.
Tu es, pour moi, comme un mur, qui me protègerait, tel un enfant remontant sur lui son drap en guise de cape aux pouvoirs magiques. La tête dans tes bras, je me crois moins vulnérable ; on ne craint pas ce que l’on ne voit pas !
Ainsi passe notre temps en commun, de violents désamours en joies non feintes ; au long de nos heures, nous allons jouer :  « je t’aime moi non plus ».
Mais la lutte est inégale, la biomécanique humaine, ne peut tenir sans fin, face à la puissance d’une déesse ; entre chiens et loups, je m’écroule, sonné, groggy, je tombe. De ta pénombre, Morphée sort, se frottant les mains.
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article