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Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

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Dis, c'est quand qu'on mange?

 Dimanche 5 octobre 2008, une belle journée, froide, s'annonce... Il est 7H45 et je dois gratter le pare brise !

Autoroute, direction Carcassonne, Véro à l'Olympia en 1973 d'abord, puis Deep Purple en 1972, au Japon, assurent l'ambiance musicale.

Sortie Bram, direction Limoux, un panneau le confirme, j'entre sur les chemins Cathares. 9H30 passé, j'atteins le but de mon voyage : Couiza et plus particulièrement, le château des Ducs de Joyeuse. Pierres, escaliers, murs, portes et pavés sont d'époque, le temps a été suspendu jusque dans les chambres avec des chaises en bois, inconfortables au possible et un lit à baldaquins. Seuls la salle de bain moderne et l'écran plat de la télé jurent dans ce décors du moyen-âge.

Nous décidons de ne pas déjeuner à Couiza, il n'y a rien, dit la femme, quant au château, c'est très cher! Nous trouverons une ferme auberge sympa sur la route! Comme nous sommes au pied de la colline (!!!!), plus de 500 m d'altitude, de Rennes le Château; nous décidons d'aller voir ce site, célèbre pour son non moins célèbre abbé Saunière, autour duquel planent nombre de mystères et plus particulièrement celui sur l'origine de sa fortune. Au début, la confession d'une morte et la remise de 4 parchemins secrets qui seront emmurés dans un pilier de l'église. Puis le secret voyage de curé en curé jusqu'à notre « fameux » Bérenger Saunière. C'est vraiment à partir de lui que la légende prend corps... Après sa mort beaucoup de gens sont venus creuser partout à Rennes le Château dans l'espoir de découvrir le trésor de l'abbé.

Le village est un petit village, avec de petites rues caractéristiques de nos anciens villages reculés. Quelques échoppes à touristes, des cartes postales, des cartes au trésor, 2 ou 3 restaurants aux prix inabordables.

Reste une petite église, assez richement décorée, pour l'importance du diocèse... le presbytère, aujourd'hui qui se visite en payant, les jardins de la villa Béthanie sont beaux, de même que la tour Magdala. Le château, lui, ne se visite pas; devenu privé, il est fermé et visiblement à l'abandon.

Finalement, ce qui m'a le plus « attrapé », c'est le panorama; à partir du parking, tout en haut, la vue est imprenable sur le Bugarach, le Pech Cardou, le Casteillas ou encore Coustaussa. Clic, clac.

11H45, l'homme nous fait remarquer l'heure et qu'il faut penser à manger. La femme répond que nous avons bien le temps et nous repartons, en direction du château d'Arques.

Bien qu'étant l'un des châteaux Cathares, j'ai su, en le voyant, pourquoi il ne jouissait pas de la même aura qu'un Montségur ou un Quéribus; il est le seul, construit au fond d'une vallée! Un donjon, certes remarquable, mais au milieu d'un petit pré carré, il ne surveille rien, sinon sa propre ombre. 5€ par personne adulte, pour 4 niveaux sur 24 mètres et aucune perspective de vue. Nous renonçons à la visite.

La femme demande l'heure, 12H30, répond l'homme; alors il nous faut, maintenant, nous occuper du repas.

Nous partons en direction de Rennes les bains, petite cité thermale, là, c'est sur, nous trouverons un restaurant, rapport aux curistes. Dans la rue principale, la façade austère je l'avoue, d'un restaurant nous arrête. Les rideaux sont tirés, pourtant un chevalet sur le trottoir affiche des menus. Hôtel restaurant de France, la femme dit : « il n'y a personne, c'est encaissé, en plus ils vont nous servir des trucs pas frais! ». OK, on continue. L'Hostellerie de Rennes les Bains, un bâtiment rose, Logis de France, surplombant la Sals. L'homme va, en éclaireur, consulter le menu; rien d'enivrant et pour cher, c'est quand même son anniversaire! Alors qu'une certaine tension commence à pointer, la femme, se résigne et dit: « Y'a qu'à aller au premier, c'est encaissé, mais ça fait rien, il est tard maintenant, on va finir par ne plus rien trouver. » L'homme se dévoue pour aller voir le menu, sourire jaune au retour, l'établissement est fermé. Il faut continuer, jusqu'au prochain village, à moins que sur la route, une de ces fameuses « fermes auberges » nous apparaisse. La route départementale 14, est une jolie petite route, dite touristique sur les cartes Michelin, c'est à dire route « à virages » nous bifurquons en direction de Sougraigne, ça tourne toujours, puis la lumière au bout du tunnel, le Père Noël au-dessus de la cheminée, un banquier honnête, bref, un panneau annonçant un restaurant. Il faut grimper tout en haut de ce petit village, pour trouver un petit parking, redescendre par une petite rue pour enfin atteindre ce Logis de France, puisqu'il s'agit encore de cette enseigne. La porte est ouverte, pas de menu, seulement une carte, pas vraiment donnés, les prix. Mais il est tard, tout le monde commence à avoir faim; nous entrons, c'est un long couloir, qui mène directement aux cuisine. Juste avant, ce qui doit être le bureau, un comptoir, quelques frigos, une petite table, le livre des réservations, une petite lampe et en arrière un petit bureau, avec un ordinateur allumé et un ado, les yeux rivés, que dis-je, tout son être, dans l'ordinateur. Il a un casque sur les oreilles et il me semble qu'il tripote un joystick. 4 minutes sur son côté, il ne nous voit pas! Quelqu'un racle sa gorge, il tourne la tête, semble sortir de la machine à laver tellement il a l'air ailleurs. Enfin, il appelle sa mère. Bonjour, bla, réservation, bla, désolée. Traduction : ils ne travaillent que sur réservations.

Nous voilà, à nouveau, jetés sur les routes, à la recherche de notre pitance... J'ai l'impression que l'idée de ne pas déjeuner du tout a du traverser l'esprit de l'homme et de la femme à un moment, car décision est prise de revenir vers notre point de départ où il faut retourner, pour récupérer le second véhicule. Et comme au début du périple, il n'y avait rien à Couiza...

Donc nous repartons sur nos pas, juste avant Rennes, je vois un panneau de village, je décide d'y passer, c'est le chemin. Montferrand, en fait un hameau de la commune de Rennes, 2 maisons à droite, un chantier d'une maison médicalisée à gauche et ... plus rien. Bon, nous continuons, vers Couiza, je ne sais pas pour y faire quoi, mais ce n'est pas important.

A l'entrée de Couiza, nouvel espoir, un panneau publicitaire pour un établissement de restauration, qui avait, apparemment, échappé, à la vigilance de l'homme et de la femme. Situé route des Pyrénées, il est ouvert, et c'est ainsi qu'enfin (je ne sais pas quelle heure il était) nous avons pu déjeuner. Un style chalet savoyard, une carte et des menus appétissants, un super accueil de la part du couple qui le tient. Lui aux fourneaux, elle, qui vous raconte littéralement les plats, au point que tout vous fait envie. Je le conseille, le Carnotzet.

Le repas fût vraiment excellent, et après quelques pas digestifs dans le parc du château des Ducs de Joyeuse, il était temps de rentrer.

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