Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
Un certain dimanche de mars 2005, 17H30, je prends la plume.
Aujourd’hui pas de chronique dominicale ; c’est mon anniversaire, j’ai décidé de ne pas bougé afin que TOUT le monde puisse me joindre…
Second degré, je déteste parler au téléphone, parler trop, tout court !
C’est vraiment le printemps, il fait beau, les jonquilles du jardin sont sorties, les rosiers ont déjà des feuilles et le mimosa embaume ; on dirait une chanson de Cabrel, la cabane au fond du jardin…LOL
Mon WE a été occupé en grande partie par la mise en route de mon cadeau perso que je me suis fait à moi même; j’ai enfin fini par tester le lecteur MP3 dans la voiture. Ca marche, à l’arrêt en tout cas, je n’ai pas encore roulé.
Il y a une heure pratiquement qu’il fait humide, I feel like I’m knocking on heaven’s door.
C’est l’heure du bilan, 40 ans ! Un monde rempli de méchants, d’inutiles embarqués dans une course toujours en avant, sans fin et sans autre but que d’être le premier. Avoir, posséder, tuer au besoin, plus de censure, de limite de respect, plus d’interdits. Ca ressemble à un immense supermarché où il est possible de tout se procurer, tout est là, à portée de main et tout semble facile. Plus rien n’a une valeur ; on écrase des êtres humains uniquement pour du fric ou du pouvoir qui servent à obtenir encore plus de pouvoir et de fric ! Mais que fait-on quand on a fait 10 fois le tour du monde dans les 10 moyens de locomotions les plus TOUT du moment ? Que fait-on quand on a mangé dans les 10 plus grands palaces du monde ? Quand on a bronzé à Acapulco, dansé à Ibiza, nagé aux Maldives ? Que la maison est construite autour de l’écran de télévision parce qu’il rentrait pas par la porte ? Que l’on a un RdV quotidien dans l’institut de beauté le plus chic ? Que l’on a une loge permanente au Metropolitan, à la Fenice, au Madison square garden, à l’opéra Bastille, au Maracana, etc… ? Que les fils de la PS2, de la GameBoy et du Cube s’emmêlent ? Que la Bentley, la BMW, la Mercedes et la Rolls se disputent les 3 garages ? Que le cinquième lifting des cils est programmé ? Qu’un lecteur de DVD est installé dans chaque siège de chaque voiture relié au dernier mini téléphone portable qui se connecte au web par commande vocale ?
Que reste t-il à faire quand la grande s’est fait percer les doigts de pieds par un copain de fac avec qui elle veut monter une affaire de légumes bio dans un coin où il n’y a pas d’avion, pas de voiture, pas de pollution ; que le petit dernier se shoote au gésier de poulet dans une secte satanique qui prône la venue du cousin le plus méchant de Lucifer ; que le voisin s’enferme derrière un mur de 15 m de hauteur et autant d’épaisseur, qu’il assure avec un couple de doberman et une alarme dernier cri à reconnaissance de l’iris qui crache du venin de cobra ; que des collègues, de boulot, se serrent la main et repartent avec les bras en se souriant et s’assurant de leur intégrité la plus profonde ; qu’un patron te plonge la tête dans une bassine de déchets radioactifs pour que tu ne regardes même pas son fauteuil ?
Que reste t-il quand tu peux même plus te voir dans la glace, que la cocaïne ne soulage plus rien, que PPDA croit nous informer, que le cow-boy cinglé bave au-dessus du bouton rouge, que les enturbannés réécrivent le Coran façon Da Vinci code, que le barbu au gros cigare croit toujours diriger quelque chose, que le camp des Babaorhum découpe en petites rondelles le camp des Babaovin, que des gros porcs jaunes vendent des gosses à des gros porcs blancs, que les hommes de Dieu sont nus sous la soutane pour mieux se jeter sur les chérubins, que l’éminent professeur qui a fait le serment d’Hippocrate ne t’opère que si tu as du dollar, que l’on pose une barrière au passage à niveau au bout du quinzième mort, que l’on transforme le maïs en une plante invincible et qu’on nous la fasse bouffer sans nous le dire, que tant de chanteuses font un concours de hurlements et tant de cinéastes un concours de merde ?
Que reste t-il quand il faut payer pour pisser, pour pas être jeté dans la chaux quand on est refroidi ?
Quand chaque matin je dois respirer le même air que tous ces gens, que reste t-il ?