Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
Dimanche 30/01/2005, il est 9H40, le ciel est d’un bleu magnifique, le soleil éclatant et le thermomètre affiche –1° quand je monte en voiture, direction Naurouze, entre Castelnaudary et Villefranche de Lauragais.
Le seuil de Naurouze est un point géographique où les eaux de la Montagne Noire se déversent dans le canal du Midi à son point haut, c’est à dire la ligne de partage des eaux entre Méditerranée et Atlantique. C’est à cet endroit précis que Pierre-Paul Riquet, au XVIIième siècle, a débuté la construction de l’œuvre de sa vie : le canal du Midi.
A présent, il fait –2°, toutes les flaques des bas-côtés sont gelées et la rosée sur l’herbe est toute blanche.
St Jory, entrée de l’autoroute, -3°, si ça continue…
Aujourd’hui, pas d’arrêt à Toulouse Sud, le plein est fait et pas d’envie de pipi. Je sors à Villefranche de Lauragais et je continue par les routes départementales, je me dis qu’il s’y passe toujours plus de choses que sur les nationales…
Dans la voiture il fait bon et nous sommes Friday night in San Francisco, guitares jazz.
Je ne suis pas chasseur, je ne suis pas non plus pour l’interdiction de la chasse et j’ai plutôt une mauvaise opinion des hommes en kaki ; pourquoi je vous dis ça ?
Eh bien au détour d’un virage sur une de ces fameuses routes départementales, en jaune sur les cartes, au milieu donc de la route une troupe de chasseurs avec leurs chiens ; un chien de chasseur, finalement c’est pas futé ou pas habitué aux routes, ou comme son maître, il a tendance à se prendre pour le roi tous les dimanches matins ! Bref, hommes et bêtes vont et viennent d’un bord à l’autre sans se soucier du morceau de bitume qu’ils traversent à l’envie ! Je ne roulais pas vite mais j’ai quand même du freiner assez fortement et malgré cela un des chiens essayait encore de traverser. Un des chasseur s’est mis à me faire des signes demandant un ralentissement, un peu comme les forces de l’ordre. Ca m’a fait la même impression désagréable qu’un « shuuuuuttttttttt sifflotant » émis parfois par des âmes condescendantes jouant les professeurs.
J’arrive sur le lieu de ma balade, le parc de Naurouze avec des arbres centenaires, je me gare.
Je dois avouer qu’il fait si froid que mes yeux pleurent, mais ça ne coule pas ! Ca gèle avant ! C’est une balade sur le thème fluvial, les panneaux tout au long expliquent parfaitement chaque point que je croise. Une allée de platanes occidentaux quasiment bicentenaires, l’écluse méditerranée et le fonctionnement d’une écluse, l’arboretum et ses cèdres de l’Atlas, la station d’alimentation, les vannes de régulation, le partage des eaux, tout est expliqué.
Par endroit l’eau est gelée et emprisonne à la surface branches d’arbres et même des bateaux.
Le dernier point de la balade est l’obélisque dédiée à P. P. Riquet, 20m de haut sur un monticule dominant son œuvre, entourée d’un mur d’enceinte, les grilles ce matin sont fermées ! Enfant du Languedoc, sa devise était :
Il faut finir l’ouvrage ou mourir à la peine.
Il est 12H15 quand je remonte en voiture. Mais une pensée me dérange depuis quelques temps, relancée hier par J; je ne reçois plus de messages du répondeur de mon portable ; plusieurs personnes me parlent de messages laissés et moi au courant de rien… Alors je pose le téléphone sur le kit et j’appelle le 888. Stupeur, enfer et damnation, 14 messages !!!!!! Puis cette voix qui me vante une nouvelle fonction : la reconnaissance vocale, mais de koi de ki c’est koi ? Alors maintenant pour gérer mes messages, je peux utiliser les mots : suivant, supprimer, oui, non, mode d’emploi et que sais-je encore. Me voilà donc sur un parking à parler à mon plafonnier ( c’est là qu’est le micro) à haute et intelligible voix, je pense que d’un œil extérieur ça doit faire pas trop tranquille… Enfin je viens à bout de mes 14 messages, quelques trucs sans importances, j’ai eu les gens depuis, quelques appels désespérés :où es-tu, tu veux plus me parler ou quoi ? Depuis 10h j’essaie sur le fixe et sur ce foutu portable, ça répond pas ! Bon je sais qui c’est, ça aussi c’est vu… Ah un truc de Y, je note, faut que je m’en occupe.
Je démarre direction Montferrand, un village pas très loin avec quelques curiosités.
Perché sur un monticule, 290m exactement, un ancien phare de l’aéropostale, un pilier métallique qui s’illuminait de néons rouge et oranges en même temps qu’il émettait en morse la lettre R, le code de Montferrand. Dans les années trente, les instruments de radio et de navigation étaient « assez simples », et ce système permettait aux pilotes de se situer.
Autre site du village, une tour Chappe, l’ancêtre du télégraphe, comme dans la forêt de Bouconne ( pour ceux qui suivent mes aventures dominicales ) ; en piteux état, il n’en reste plus qu’une hauteur de 2m environ.
Il y a aussi le castel de Montferrand, lieu de résistance Cathare, Beaumont de Toulouse, seigneur du lieu et frère de Raymond comte de Toulouse, résistât à Simon de Monfort avec seulement 14 chevaliers ; ce dernier décidât d’ailleurs de négocier la reddition plutôt que de livrer bataille.
Il y a aussi des vestiges paléochrétiens, mais ça m’intéresse pas, alors….
Ici se termine ce dimanche.