Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
Dimanche 21/11/2004, 13H15. Si je trouve à nouveau l’énergie de sortir, c’est que mon fils « m’a fait la honte » comme on dit du côté de mon enfance…
Mais la journée est déjà bien avancée et il n’est pas question de partir loin ! Alors suivant l’équation dimanche égal pas ou moins de monde, j’opte pour Toulouse et un vague souvenir d’eau, d’arbres et de pont entrevu un jour. Je ne sais pas exactement où je vais, mais j’y vais…
Après quelques temps de route, je retrouve sans trop de difficultés « mon » endroit, je ne sais toujours pas son nom, je me gare et j’y vais.
Après une investigation d’une demi heure ( le temps d’un aller retour entre 2 ponts et d’une petite pause/belvédère ), je sais enfin ! Il s’agit du cours Dillon ; à l’origine un remblais de terre et de sable entre 2 murs de briques construit pour servir de digue le long d’une berge de la Garonne. Du pont St Michel à celui d’Esquirol, c’est une allée bordée de platanes, parsemée de boulodromes et de bancs publics. D’un côté donc la berge et la Garonne et de l’autre une façade de petits immeubles plus ou moins récents mais cossus. On y croise bon nombre de poussettes, de vélos, de rollers et de personnes âgées. Pourtant le vrai spectacle est sur la berge. Différentes sortes d’arbres ombragent des petits carrés de pelouse où s’animent les petits morceaux d’une foule bigarrée ; quelques portiques et des enfants qui jouent sous l’œil attentif de mamans, une joyeuse bande sortie tout droit de l’école du cirque Annie Fratellini qui jongle avec des balles et des quilles. Seul en plein milieu d’un carré d’herbe, un jeune poète maudit et incompris ajuste quelques vers sur sa guitare pour une belle qui lui a pris son cœur un beau matin ; adossés à des troncs d’arbres, des étudiants respectables qui espèrent un jour diriger le monde potassent leurs cours profitant de ce bel après-midi ensoleillé. Des grands-parents promènent leurs petits enfants et tous les propriétaires de chiens se sont donné rendez-vous là ; parmi ceux-là, un petit groupe de jeunes urbains en rébellion prennent un plaisir certain à terroriser les bourgeois avec les leurs en liberté. Ils lancent un bâton qu’une véritable meute de bâtards et de chiens prohibés sans laisses et sans muselières se dispute dans les aboiements et les grognements.
Un bateau de promenade, je n’ose dire « mouche », apparaît soudain sous le vieux pont Esquirol et laisse à la surface une trace qui déchire l’eau rose. Oui Toulouse tu portes bien ton surnom, ici même l’eau est rose sous l’effet du reflet des briques des murs de digue.
Je m’assoie au bout de ma ballade presque sous le pont Esquirol, un couple, la soixantaine distinguée, regrette le temps où tout était autrement !!! J’imagine les parents de ce couple à la même place il y a 40 ans, se la mentant du temps où tout était… autrement !
Un ange passe, je me lève et repars vers la voiture.