8H50, je me réveille, le soleil traverse les volets, j’ai bien dormi.
Route de San Vicente del Caguàn, Clara et Ingrid roulent en voiture.
9H30, habillé, petit déjeuner terminé, le week-end s’annonce bien.
Un barrage, elles s’arrêtent, une discussion s’engage.
11H, je musarde jusqu’à la boulangerie, je bulle, pas de planning à tenir.
Fusils braqués sur elles, changement de véhicule.
Midi, dans le Monde on annonce un recul de 0.1% de l’activité économique en France sur le dernier trimestre.
A présent, elles marchent à travers la forêt et les marais.
13H, on inaugure le salon de l’agriculture à Paris.
Elles sont jetées dans une hutte boueuse.
15H, Janica Kostelic arbore sa troisième médaille d’or.
Dans cet endroit inhumain, dégradant, l’angoisse et la fièvre montent ; Mélanie, Lorenzo, je vous aime.
Et vous, que faisiez-vous ? Où étiez-vous et avec qui ?
23 février 2002, un samedi comme tant d’autres, la terre tournait, l’humanité vaquait ; je ne sais plus exactement ni quoi ni où.
Ce jour là, Clara et Ingrid sont tombées dans un chaudron où bouillaient déjà des politiques corrompus, une guérilla Marxiste, des paramilitaires, des narcos et beaucoup de dollars. Elles voulaient renverser ce chaudron, mais la démocratie se révéla un faible levier.
8 février 2006, 1 446 jours plus tard, c’est :
1 446 jours de peine
206 semaines de 35H
48 fin de mois difficiles
4 sapins sans guirlandes
C’est surtout 34 700 tours de cadran.