Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
Samedi 19/01/2008, 9H, je quitte Pluto, fou de rage, il m'engueule. Comme s'il avait compris que mon départ de ce matin, n'était pas comme tous les autres matins. C'est incroyable, sans nous en rendre compte, nous devons effectuer certaines de nos tâches selon une routine inconsciente !
Du saut du lit, en passant par le petit déjeuner et jusqu'à l'habillage, les mêmes gestes, dans le même ordre, les mêmes bruits; autant de repères vite apprivoisés par Pluto. Qu'un seul de ces moments, un jour, ne trouve pas son rôle dans la chaîne, et ce sera un indice évident pour lui. Or, donc, c'était le cas ce matin.
Sans doute ce sachet en plastique, anodin autant que suspect; quoi qu'il en soit je pars dans l'humidité qui ruisselle sur les vitres de la voiture et sous les aboiements de mon propre chien...
Presque 3 heures de route dont un peu plus de 2 d'autoroute, sont idéales pour aller au concert. Premier ticket : Paris, le Zénith, les mélodies de Toto; étonnant pour d'immenses musiciens de studio, qu'on pouvait croire incapables de « donner » sur scène. Un disque à l'ambiance, finalement, assez rock et quelques titres comme Hold the line, Rosanna ou Africa qui passent parfaitement l'épreuve.
Agen, il ne pleut toujours pas, c'est cool, on peut foncer à 130 !
Marmande, La Réole, Langon, les sorties défilent pendant que j'assiste au concert de BJH à Berlin; au-delà des musiques que j'apprécie, le nom même du concert est beau : Concert for the people. Puis c'est l'arrivée dans la capitale Aquitaine.
Direction le « bassin » ( comme disent les autochtones ), je suis attendu pour le repas. Au long des grandes lignes droites, je vois un nombre certain d'arbres couchés, sans doute les conséquences d'une tempête récente. Il y aussi ces maisons de bois, typiques, si plates qu'elles semblent vouloir s'enfoncer dans le sol sablonneux. Je remarque qu'elles sont, le plus souvent, entourées d'un terrain assez grand, plat bien entendu, parfois un portique pour enfants et toujours un tas de bûches bien rangées à l'abri sous une bâche. La preuve que ces maisons sont vraiment basses, est la hauteur à laquelle il faut aller chercher les ondes hertziennes; les râteaux sont perchés sur des mâts de plusieurs mètres, et maintenus solidement par des câbles d'acier. Certaines nuits, ces câbles chantent sous l'effet d'un grand vent, alors on pourrait s'imaginer être à l'amarre dans un port.
11H45, j'arrive enfin; une petite rue, après le rond-point, qui mène directement au lac, j'ai l'impression d'être dans un endroit entièrement et uniquement dédié aux vacances; il y a du sable, même le long de la rue, il remplace les trottoirs ! Je me range contre une haie de bambous, juste avant le portail.
Bonjour, bonjour vous 2 et surtout, bonjour bébé. J'ai fait cette route pour te voir, alors fais un effort, souris-moi... Bah, il doit avoir sommeil, ou faim, bref, il braille et ne semble pas disposé à me porter la moindre attention.
Puis ce fût le repas, puis un défilé d'amis, tous voulait absolument embrasser ou prendre dans leurs bras le bout de chou; lui continuait sa vie de nourrisson de 3 mois, pleurer pour manger, dormir ou être changer.
Cela faisait beaucoup de bruit, de têtes inconnues pour moi, j'ai éprouvé un petit malaise, comme si j'étais de trop, pas à ma place. Non pas, loin s'en faut, que tous ces gens fussent désagréables, bien au contraire, j'étais seul en cause. Heureusement, par groupe, les convives se dispersaient, qui dans la chambre de bébé, qui dans le jardin, ou encore qui dans la terrasse d'hiver; ceci me permettait de ne pas avoir à faire face ni à prendre part aux conversations pleines de ces codes, communs à chaque membre de tribu ayant l'habitude d'évoluer ensemble.
Soudain, une voix provenant de la cuisine, lançât : « Chéri ! Tu viens t'occuper des crêpes, s'il te plaît. » Je ne sais toujours pas pourquoi, mais je me suis retrouvé à l'entrée de la cuisine, comme attiré, certainement par la première conversation dont je me sentais le moins éloigné. La maîtresse de maison appelait à l'aide son mari, pour faire des crêpes avec la pâte confectionnée le matin même. Justement, ce dernier arrivait à son tour dans la cuisine. Au bout de quelques minutes d'un échange entre eux, il était évident que ni l'un ni l'autre n'avait auparavant déjà fait de crêpes !!!
Encore une fois, je ne sais toujours pas pourquoi, je me suis retrouvé, une poële dans une main et une spatule dans l'autre. Déjà, tel le maître de cette cuisine, je demandai un petit bol d'huile et une moitié de pomme de terre.
La pâte était un peu épaisse, il y avait des grumeaux, mais tant bien que mal je réussis à cuire une trentaine de crêpes. Je reçus un nombre certains de bravo, de félicitations, limite le héros du goûter...LOL. Confitures, sucre ou pâte de chocolat, le succès fût total et... rapide.
Après le goûter, certains sont partis, je devrais dire la quasi totalité, car il ne restât plus qu'un couple. Pendant que les filles s'extasiaient au-dessus du bébé, l'homme du couple, entraîné par l'hôte regardait l'écran plasma tout neuf. Hasard heureux, l'image sous nos yeux était celle du match de rugby Toulouse/Edimbourg. Bon moment.
La fin du match sonnât le départ. 19H, 3H de route, oui il était temps de penser au départ.
Petite nuit la veille, debout depuis douze heures et avec la perspective de la route, je fis quelques choix :
-Laisser TOM TOM décider du trajet, au moins jusqu'à l'autoroute; parce qu'ici, en pleine nuit, ou tu connais la moindre écorce de chaque pin ou tu te perds.
-Choisir une ambiance musicale de choc : AC/DC live tour, Metallica au Community Theater de Berkeley pour finir à New-York en juillet 2003 avec Pearl Jam.
Efficacité avérée, retour maison en un seul morceau.