Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.

Publicité

Le bug

Dimanche 30 octobre 2005, dimanche d’un trop long week-end de Toussaint, le réveil ( en fait le téléphone portable ) sonne, j’avais prévu de me lever à 7H30. Toilette, petit déjeuner, infos météo. Surprise, la télé indique une heure de moins que mon téléphone !

Ce matin j’ai bugué, on a reculé d’une heure cette nuit à 3H ; debout, habillé, je décide de partir tout de même.

 

Il y a pas mal de vent, mais le ciel est en majorité bleu parsemé de traînées de nuages orangées.

 

Eternel premier arrêt, la station service de Toulouse sud… Planté devant mon réservoir, le tuyau dedans, la pompe s’obstine à ne pas afficher 0 et à ne pas me laisser me servir. Un homme en rouge, de ceux qui font que je ne viens pas ici par hasard, s’approche et me dit :  « Faut raccrocher, on a des ennuis informatiques depuis ce matin. » Je m’exécute, je reprends le tuyau, toujours rien, le monsieur revient et avec sa main actionne à plusieurs reprises le logement du pistolet de la pompe ; enfin le 0 tant attendu, je peux me servir. Je termine et je rentre payer ; la discussion entre 2 employés m’éclaire sur ma mésaventure… « Je sais pas ce qui se passe ce matin… Ca a commencé cette nuit ! Quand ? Vers 3H… » Et voilà, le bug du 30 octobre 2005 a frappé.

 

Bon, le plein est fait, un café et je repars ; direction l’Ariège aujourd’hui. J’ai plusieurs pistes. J’arrive à ma sortie, le télépéage, rien ! Je recule, je tente à nouveau, rien ! Je change de voie, rien à nouveau ! Je retourne dans la première file, je prends le boîtier dans ma main et je sors le bras par la fenêtre, tel le possesseur moyen, encore rien ! Surgie de nulle part, Georgette m’engueule presque ; « faut pas reculer m’sieur, ça changera rien. » OK madame, fais-je l’air interrogateur. Elle : « On a des problèmes depuis ce matin, il faut appuyer sur ce bouton, là vous le voyez ? Quand ça ne marche pas, ne reculez pas, appuyez sur ce bouton et on vous répondra ! Ca fait 2 fois que je dois descendre, j’arrive pas à boire mon café. » Moi : «  Vous m’en voyez navré. » A cet instant, une voix sort du haut parleur et demande ce qui se passe à Georgette. Réponse : « C’est rien, c’est le boîtier du monsieur qui passe pas, faut que tu lui actionnes la barrière, il est à la TCXPbnsq TIS. » Voilà monsieur, c’est le changement d’heure qui a fait des problèmes, au revoir et bonne route. Je balbutie un merci, j’avance.

 

Le bug du 30 octobre a encore frappé, je le crois pas !

 

8H40, j’entre en Ariège, la journée est vraiment magnifique, la route file à travers la forêt aux couleurs fauves de l’automne et à travers les champs qui sont tous labourés, prêts pour une nouvelle saison.

 

Aiguesvives, j’entre en pays d’Olmes. Bref sauf à être du coin ou passionné de Catharisme, cela n’évoque absolument rien et c’est compréhensible.

 

9H05, Belestat, première étape ; c’est la fête des cucurbitacées, avec sculptures sur courges, marchés artisanaux et tout et tout. Je traverse la ville sans rien rencontré ; stupéfaction ; il y a bien des autocollants d’Halloween sur les vitrines, mais pour ça, je vais dans mon Super U, et j’ai la même chose. Un second tour, rien de rien. Force est de constater que soit tout le monde dort encore soit c’est encore le bug du 30 octobre qui s’est infiltré !

 

Un petit pont, un saule en contrebas, je me range. Je descends, les cloches sonnent ; le saule est au bord de la rivière ( l’Hers ) sur un bout de terre herbu ; dessous, un banc et une table de bois ; l’accès est public, j’y vais. Je prends quelques photos puis je remonte et je photographie du pont, l’autre côté.

 

Le saule qui pleure à fleur d’eau m’a aidé à encaisser ; seconde piste : la fontaine intermittente de Fontestorbes. C’est pas pour la jouer j’étale ma confiture, mais faut quand même que j’explique, au cas ou…

 

Une fontaine intermittente, c’est un phénomène naturelle d’écoulement fractionné des eaux d’une fontaine ; Fontestorbes n’est pas unique, environ une vingtaine dans le monde, mais il est classé monument historique. Le débit passe en 20mn de 1.8m3/s à un débit quasi nul. Pour la techniques, pour ceux que ça intéresse : http://www.pierre.benard.freesurf.fr/StBarth/Fontes/fontes.htm

 

       Bref, à voir, c’est géant ; j’ai fait des photos pendant le gros débit, puis j’ai patienté, et le bruit a diminué progressivement, en même temps que l’écoulement, laissant place à des marches ( spécialement posées ) qui permettent d’atteindre l’intérieur de la grotte, attention, on a 20mn avant de revenir avec de l’eau aux genoux !!!!!

 

Voilà pour la fontaine, dernière piste, un grand classique : le château de Roquefixade, un château Cathare qui « gardait » la route de Foix. Parking au village, il est très haut, très loin encore… Je n’ai pas le courage, c’est trop ; en plus, il ne reste pas grand chose, quelques pans de murs. Je trouve sur la place de la mairie, un point d’où je peux prendre mes photos. J’ai la sensation que des milliards d’yeux me regardent derrière les fenêtres pourtant closes pour la plupart.

 

Un peu de frustration pas complètement digérée, ou alors une attirance inexplicable, mais il est là tout prés, j’avais raté mon premier RDV avec lui…

 

Pas de brouillard, tant pis, j’y vais !

 

  Il y a presque un an jour pour jour, il était le théâtre de ma toute première virée dominicale, premier but/béquille pour sortir. A son pied, je n’avais pas pu le contempler, la faute à la brume ; mais courageusement, héroïquement plutôt, j’avais gravi le Pog et je réalise aujourd’hui l’exploit, pour moi, à l’époque. En plus, en ce moment, il est l’acteur principal des dernières pages de mon bouquin de chevet ; sa chute, son bûcher, ses héros qui marchèrent au feu en chantant leur amour de Dieu ! 1 an de plus, je me le devais !

 

J’arrive sur le parking, quelques voitures, des appareils sur des trépieds, il est magnifique ! Pas par son architecture, je ne parle pas de cette beauté là. Il s’est passé « quelque chose » ici, c’est con, je dois dérailler, je le sens dans l’air. Il y a une odeur de bois, d’herbe et de terre mouillés, ça m’évoque aussi une odeur de cierges, d’église…

 

J’immortalise.

Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article