Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
Vendredi 29/04/2005, 9H, direction l’Ariège et le château de Lordat à côté de Luzenac. Un château à 956 m d’altitude qui fait partie de l’histoire Cathare et qui offre aussi des spectacles de rapaces en vol libre. Je pense beaucoup, trop, ça me gave ! Bad day à la radio, cette chanson me colle… 10H, changement d’autoroute, je quitte l’A62 pour l’A66, Foix à 60Km ; moi je vais un peu plus loin, jusqu’à Tarascon/Ariège, 20Km de Foix. J’ai l’impression de rouler sur un échiquier vert et jaune. A Mazères commencent les Pyrénées Ariégeoises, aucun intérêt, mais je voulais écrire le mot Ariégeoises ! Ca me plaît le g suivi d’un e puis de oise … Luzenac à 11H, 1/4H après je suis au village de Lordat. Une petite place, toute petite, un grand tilleul et un muret par une belle journée d’avril. Assis sur le muret, à l’ombre du tilleul, je regarde, j’écoute. Face à moi, d’imposantes montagnes aux allures d’une femme alanguie ; quelques sommets sont encore blancs. Des oiseaux offrent un concert et virevoltent, des couleurs jaillissent partout sur le sol, la nature vit. Du fond de la vallée monte un bruit sourd, lointain, c’est la route de l’Andorre ! Donc dans ce château, il y a un spectacle de rapaces ; je ne suis pas particulièrement attaché ou sensible aux « signes », pourtant là sur mon muret, je suis perplexe… Il est parfois de concordances qui si elles ne témoignent pas d’une appartenance complète du moins soulignent-elles un fil conducteur. Il y a des rapports autres que la situation géographique ou temporelle et autre qu’un certain esthétisme qui nous attire chacun pour des raisons différentes. Prenons les Cathares : Appelés aussi les citadelles du vertige, toujours haut perchés, plutôt isolés, toujours en montagne, dans le sud de la France. De construction simple, voire spartiate, orientés vers la protection et la défense plutôt que le luxe et la magnificence ; il est question d’imposer le respect à ses ennemis et non de les éblouir. Seigneurs du ciel, puissants prédateurs à la vue perçante sans autre crainte que celle de l’homme et de ses armes. L’animal le plus fidèle qui soit, un couple se forme pour la vie, se retrouvant pour la nidification, vivant solitaire le reste du temps. Ils nichent toujours sur de très hautes montagnes. Soyons clairs, je ne suis pas Cathare, mais des aspects de la doctrine me séduisent parce qu’ils se rapprochent de ce que je sens en moi ; je ne suis pas un rapace, mais ce sont les animaux que je préfère et j’aime les regarder ; je ne voudrais pas vivre dans un château en pierre sans eau ni électricité et sans internet, mais l’ancien en matière d’immobilier a ma préférence. Pourtant je trouve presque logique de m’intéresser à ces 3 choses, comme si c’était naturel, comme des vêtements qui vont bien ensemble. Dis-moi qui tu fréquentes et je te dirai qui tu es ! Finalement il doit y avoir une certaine constance dans nos choix, il n’y a pas vraiment de hasard et on ne peut pas être tout et son contraire à la fois. Là sur mon muret, je me dis que finalement l’observation des « signes et symboles » est fascinante et infantile ; mais la dualité est la base du Catharisme… Etonnant, non ? Il est 12H45 quand je sors de mes songes, le spectacle est à 15H, je n’ai rien à manger, il n’y a pas de commerce dans le village même de Lordat et une seule épicerie en bas à Luzenac ; mais à cause de l’heure et du lieu, je me dis qu’elle doit être fermée. Heureusement j’ai une bouteille d’eau et je peux prendre mes médicaments. 20 mn plus tard je suis en mesure de confirmer mes craintes, l’épicerie est fermée ! Au désespoir, je me tourne vers la station d’essence, une Total ; c’est sûr je n’y vais pas hasard, mais par nécessité !!!! Mais n’allez pas croire que nous avons une boutique genre autoroute ! Je retourne vers le château, me gare au parking visiteurs et je traverse le bourg pour arriver au pied de la montée. C’est jamais trop long ces montées de châteaux Cathares, mais c’est pentu ! J’arrive, en sueur ( première journée de grand soleil depuis l’été dernier !!!! 28° ) à la porte, j’entre, une Dame habillée de façon médiévale prend mon ticket et m’annonce le programme ; il me reste ¼ d’heure pour faire le tour avant le début de la représentation. Passons sur les ruines, il ne reste quasiment plus rien, à l’intérieur, mais assez pour deviner les grands et simples agencements. Les rapaces sont soit en cages soit avec une lanière à la patte. Il y a Dagobert, un vautour de 8Kg, Texas la buse américaine qui chasse même dans les cactus, une autre buse féroce celle-là, c’est l’espèce, elle n’est pas moins ou plus méchante que toutes les buses, un aigle royal, un aigle pas royal celui-là, un couple de faucons crécerelles et leurs 2 petits, un faucon pèlerin, l’oiseau le plus rapide en piquet, plus de 400Km/h, un hibou grand duc et une dame blanche, sorte de chouette du pole nord toute blanche, capable de chasser aussi le jour, car au pole nord il y a des périodes de 6 mois de jour, alors si elle devait attendre la nuit…. Il y a aussi un aigle qui mange des serpents ou des poissons et un autre des œufs mais j’ai oublié leurs noms. Celui qui mange des œufs et même capable de casser celui de l’autruche… à l’aide d’une pierre qu’il sait prendre dans son bec ! Nous sommes très peu au spectacle, un « je connais tout », avec jumelles et une anecdote sur tout ; il a avec lui un petit-fils et une petite-fille et il n’arrêtera pas de discutailler avec le dresseur. Il y a aussi LA famille, le père omniprésent, la mère effacée et les 3 enfants parce qu’ils n’ont pas trouvé la virgule ! Est-ce que la jalousie est obligatoire entre frères et sœurs ? Un autre couple avec un enfant, une fille très jeune, une femme seule et un couple du troisième âge. Le dresseur a été très bien, il a joué avec les enfants, contre les parents, ça marche à tous les coups, il connaissait bien son affaire, a fait participer ( chacun a eu droit à son faucon sur la tête ). Environ une heure après, j’attaque la descente, je retrouve la voiture et me voilà rentrant ; je ramène une journée au grand air et 2 coups de soleil, un sur le V du polo et l’autre sur l’avant bras du conducteur…