Il faut savoir lire et surtout accepter les messages que nous envoient le doute ou la peur. Raconter encore et encore, comme une thérapie.
En ce dimanche 26/09/2004, il fait un peu frais en partant. Tout excité, je vais essayer « mon nouveau gadget » que j’ai enfin reçu :le fameux boîtier de télé péage !
St Jory, première entrée d’autoroute, je vais vite déchanter ; la barrière ne se lève pas, consternation il ne fonctionne pas. Penaud je passe comme « le commun des mortels » dans la file « classique » et je prends mon ticket. Je m’arrête et je relis la notice, quelque chose a du m’échapper ? Selon le type de pare brise…bla bla … vous devez coller votre boîtier sur les pastilles noires. Voilà, c’est ça, je l’ai pas collé au bon endroit, ça va mieux. Je me remets en route, au péage et pour la dernière fois je sors ma carte magnétique. Une fois passé le péage, je remets en place mon boîtier ! Prochaine étape, l’autoroute à la sortie de Toulouse ; mais rien à faire, cela ne fonctionne toujours pas. Enfer et damnation, je suis vert, l’espace d’un instant je pense même rentrer ! Heureusement je me parle et je me ressaisis ; je continue avec un ticket bien sûr, comme tout le monde, puffff !!!! Mais il est têtu (moi), première sortie, j’y vais, je paye avec la carte ( oui je sais…), demi tour immédiat, je reprends la file spéciale télé péage et … rien de nouveau, je recule, je sors mon bras avec le boîtier au bout, je vise même le récepteur tant bien que mal, mais rien, encore et toujours rien ! J’écume ! Alors j’appuie sur le bouton d’urgence de la borne du télé péage, bip bip, puis une voix à l’accent de Toulouse très prononcé me demande ce que je veux. Bien voilà, mon boîtier ne semble pas fonctionner ! C’est normal, il est en liste noire. Hein, quoi, comment, c’est quoi la liste noire ? Ah je sais pas monsieur, vous allez reprendre en direction de Toulouse et là à la boutique ils vous donneront les horaires pour poser la question. Heu… Merci au revoir.
Consterné une demi seconde je reviens tout de même à la raison ; je reprends mon périple, direction Carcassonne. Première sortie, direction Limoux, Quillan, Axat, Lapradelle, St Paul de Fenouillet puis Maury. En quittant Maury pour Cucugnan, je rentre au pays de la Tramontane, elle plie tous les arbres aujourd’hui, et je le vois là haut, si haut ! Hallucinant ce désir de construire dans de tels endroits. La végétation est moins verdoyante que dans le Sud ouest, je suis bien dans le Sud est ! La route chemine en grands virages pour atténuer le dénivelé jusqu’au parking. Je me gare, le vent est violent et il me reste encore 150 à 200 m à grimper. D’abord un chemin de gravillon qui monte gentiment puis ce sont les escaliers taillées à même la roche avec des hauteurs de marche de la taille de Passepartout. A deux reprises, je me retrouve face à un courant d’air qui s’engouffre du haut et descend tout balayer sur son chemin ; à la porte d’entrée, c’est le summum, il y a une corde le long du mur et je comprends vite pourquoi ! J’ai l’impression d’être dans une soufflerie ou en descente libre en parachutisme ; je dois lutter, courbé en avant pour faire un pas. Je suis heureux d’avoir oublié ma casquette, ma veste et mon sac virevoltent dans mon dos, mon tee-shirt se prend pour le tee-shirt de Britney et décide de montrer mon nombril ; par chance il n’y a personne. Je m’embraille façon expédition polaire et je redémarre ; enfin j’arrive au premier niveau du château. 728 m d’altitude en haut du donjon, un enchevêtrement de niveaux séparés par des escaliers, comme rajoutés les uns après les autres mais pas tout à fait les uns sur les autres, il y a des décalages non seulement sur le plan horizontal mais aussi vertical. Je grimpe l’escalier à vis du donjon et malgré le terrible vent, j’en prends plein les yeux. Il y a deux tables d’orientation qui me permettent de voir au loin deux autres châteaux que j’ai déjà visité ( on peut voir Aguilar, Peyrepertuse et Puylaurens ). Normalement on devrait apercevoir Perpignan, le Canigou, Port Leucate, en fait les Corbières, Fenouillèdes et la plaine du Roussillon ; mais la position du soleil ne me permet pas de tout voir.
Une touche d’histoire, ça peut servir un jour pour répondre à Lepers, Quéribus est le dernier des châteaux Cathares à avoir capitulé et il fait partie des cinq fils de Carcassonne au même titre que :Aguilar, Peyrepertuse, Puylaurens et Termes.
La descente fût plus calme, sauf le fameux passage où le courant était dans l’autre sens, bien sûr !